mercredi 15 juillet 2026

Bizarre

Si tu me trouves bizarre, sache que c'est le plus beau compliment que tu peux me faire. Introvertie, je parle souvent trop bas. Quand je suis mal à l'aise, je parle encore plus bas. Quand je suis à l'aise, je deviens extravertie, je parle beaucoup, je suis drôle et pertinente.

Et voilà, je suis comme ça et je m'aime comme je suis.

lundi 13 juillet 2026

Histoire de couple

Alors voilà on se rencontre, on s’aime, on se sépare.  Si l’arrivée des enfants est souvent la plus belle étape de la vie d’un couple et d’un individu, c’est aussi souvent la plus difficile pour le couple, et le moment où il commence à se déliter. Il faudrait savoir transformer son couple, savoir se parler, se chicaner, sans tout casser, pourtant peu y arrivent. Voilà alors la séparation comme la solution finale, la libération, pourtant pour les enfants, c’est un cataclysme. Et pour le couple, l’ancien couple, c’est souvent l’ouverture d’autres hostilités. Pourtant il faudrait savoir se parler. Les couples le savent, le silence qui s’installe est souvent pire que les disputes. La séparation amène souvent un renouveau, elle a encore on a la chance de pouvoir réinventer la relation. Pourtant on n’y arrive pas toujours, on critique, l’autre, on le déteste, et les enfants ne sont pas dupes. Pourtant, on s’est aimé, on a construit de belles choses, même si on a l’impression d’un immense gâchis, et pour ma part, mes amoureux ont toujours été de grands amis. C’est pourquoi je ne conçois pas que la relation s’arrête. Et quand parfois cesser tout lien est indispensable, je dois faire le deuil d’une amitié.

Alors que faire puisque souvent il est trop tard pour travailler sur nous-mêmes quand le couple est à bout de force, il faut tout de même essayer des choses. Si on s’aimait sur TVA est un bon outil d’éducation populaire. Si certains le prennent pour une téléréalité comme une autre, je trouve au contraire que c’est une émission qui peut aider beaucoup de couples. Outils d’éducation populaire à mon sens, car il aide des gens qui n’ont pas les moyens, le temps, l’envie, ou le courage de consulter, et leur montre qu’il existe d’autres couples, en souffrance, qui peuvent rebondir, se réinventer, quel que soit l’état où il se trouvaient.

La séparation est aussi l’occasion de renouer avec soi-même, et avec ses amitiés, précieuses amitiés, qui me nourrissent, et parmi lesquelles j’aimerais pouvoir compter mes ex, sans envie de recoucher ensemble (faiblesse dont il faut se garder), sans relation, possessive, et sans heurts. 

La télé populaire

À l’heure où chacun regarde ses programmes sur Netflix et sur Internet, je suis encore une grande fan de télé.

Au Québec, il y a l’intellectuel Radio-Canada, télévision d’État, qui propose d’excellents programmes, et il y a aussi TVA. Si certains trouvent, cette dernière commerciale, il faut la comparer à la très commerciale TF1 pour se rendre compte qu’elle est de grande qualité. La Voix, Indéfendables, Si on s’aimait, et Révolution sont parmi mes programmes favoris. OK, les trois premiers sont un peu commerciaux, mais sur quelle télé tu vois de la danse contemporaine à une heure de grande écoute? Pour moi, TVA reste une excellente télévision.

mercredi 8 juillet 2026

Tu m'connais trop bien

"Tu m'connais trop bien" chante Gab Bouchard quand je le découvre. C’est la phrase que tu répétais tout le temps, agacé un peu que je te connaisse aussi bien, avec une pointe de sarcasme pour me signifier que non, je ne te connaissais pas si bien. Je t'envoie sa chanson avec son excellent clip avec des poupées barbies. C'est parce que je te connais trop bien que je suis aussi capable de comprendre tes peines, tes frustrations, tes difficultés et comment elles peuvent se transformer en agressivité. C'est parce que je te connais trop bien que je ne cesserai jamais de t'aimer, plus comme un compagnon mais comme un ami, ou, si tu refuse cette amitié, comme une personne pour qui j'ai de l'estime disons. C'est aussi parce que je te connais trop bien que je reste méfiante et que je mets mes limites.

mercredi 1 juillet 2026

Katia (fiction)

Salut frangin,

Comment ça va? Moi ça va super bien.

Franchement, je t'envie pas avec ta job avec Revenus Canada et ta maison à Longueuil. Moi j'ai pas de loyer à payer alors pas besoin de travailler. Je crèche où je veux et je profite de la nature. Ce matin, un oiseau est venu se poser sur mon épaule pour me réveiller.

Enfin, des fois il pleut et nos affaires sont tout trempe. Mat nous a fait un abri mais ça tient pas toujours. D'autres fois, on se les fait voler. L'autre fois, un dude était en train de me toucher et quand je lui ai gueulé dessus il est parti en emportant mon sleeping bag. L'hiver, on dort où la Caisse Desjardins mais le matin, on se fait virer. Le jour, y a la bibliothèque mais les dames nous regardent bizarre. D'autres fois, elles me demandent si j'ai besoin d'aide mais j'en veux pas de leur fucking aide, retourner faire des ateliers de réinsertion et parler à des fucking intervenantes qui me demandent comment je me sens. De temps en temps on va prendre une douche à la piscine, toujours en dehors des horaires de baignade, qu'ils se rassurent. Le monde du Centre Mario Tremblay est bien fin aussi, ils nous disent bonjour et font mine de pas remarquer comment on a l'air de gueux.

By the way, pourrais-tu m'envoyer 100 piasses à l'adresse écrite sur l'enveloppe?

Je t'embrasse bro.

mardi 30 juin 2026

L’espèce fabulatrice / Nancy Huston

Trouvé dans une bibliothèque de rue : l’essai L’Espèce fabulatrice de Nancy Huston, merveilleuse réflexion sur  la narration. L’être humain donne du sens à à son environnement grâce au langage, au récit. C’est la narration qui forge le réel.

Un jour, mon ami écrivain Denis Côté se plaignait des piètres conditions du métier d’écrivain et je lui disais «oui, la culture n’est pas trop importante dans notre société… », et il me répond « qu’est-ce qui est plus important qu’un écrivain? Il raconte notre société, il lui donne du sens ». Je ne me souviens plus de ses mots exacts mais c’était à peu près la même réflexion que Nancy Huston. D’une manière générale, les artistes donnent du sens au monde, l’enchantent, le poétisent et son en cela aussi essentiels qu’un maçon ou qu’un enseignant mais souvent moins reconnus. 

Ils nous soignent en nous faisant du bien à l’âme et ceux qui croient se tenir à l’écart de l’art consomment pourtant des productions culturelles via la télévision, l’internet, le design urbain, vestimentaire, etc.

Pour ce qui est des romans, ils nous donnent une autre perspective, nous aident à nous comprendre en découvrant d'autres vies. 

"Les caractéristiques du roman - sa façon de mettre en scène la tension entre individu et société, entre liberté et déterminisme, sa manière d'encourager l'identification à des êtres qui ne nous ressemblent pas - lui permettent de jouer un rôle éthique. ". 

Plus que les livres de développement personnels si à la mode, les romans nous aident à vivre parce qu'ils proposent une vision complexe des choses, loin des solutions miracles que les influenceurs et coachs en ressourcement nous offrent. Pour moi qui en lit beaucoup, ils me sont en tous cas indispensables. Ayant étudié en littérature et enseignement du français au collégial, j'aimerais beaucoup transmettre cette passion aux jeunes, mais enfin en attendant, je vous la transmets ici.

samedi 27 juin 2026

Coupe du monde à Espace soccer

Regarder la coupe du monde au bar style PMU de Benoît Espace Soccer où les femmes et les enfants sont bienvenus, contrairement aux bars PMU de France, où tu peux boire ta petite bière pendant que ton enfant sirote son coca, contrairement à la plupart des bars du Québec.

jeudi 25 juin 2026

Mémé

Ma grand-mère avait du caractère. 

Un jour, pendant la guerre, les Allemands sont venus chez elle et lui ont demandé si elle avait des confitures. « Des confitures, j’en ai au cul! » a-t-elle répondu. 

Son caractère s’exerçait aussi sur mon grand-père qui n’avait le droit de rien dire. Discret er effacé, il passait presque pour un simplet. Il mangeait toujours le pain de la veille tandis que ma grand-mère mangeait le pain du jour. Ça représentait bien leur relation. 

Ils s’étaient mariés à cause du curé mais ne s’aimaient pas. Peut-être qu’ils s’étaient aimés au début mais mon grand-père était parti plusieurs années en travail forcé en Allemagne pendant la guerre et leur relation déjà fragile avait dû en prendre un coup. On raconte qu’il avait aimé une Polonaise, ce qui peut se comprendre vu les circonstances mais bref, mémé - Marie-Louise lui en avait voulu et lui ramenait souvent cette histoire lors de leurs disputes. Ma mère ne m’a jamais raconté trop en détail les chicanes parentales ni ce qu’elle et ses frères et sœurs pouvaient ressentir, préférant me raconter les souvenirs heureux, les pièces de théâtre avec ses frères et sœurs, la vie à la campagne. « Fumier » qu’il lui disait. « T’es bien content de te coucher dessus, sur le tas de fumier » que ma grand-mère lui répondait. Un dialogue que ma mère m’a relaté. Bien sûr, à l’époque, le viol conjugal était la norme, et la contraception impensable. Tout ça grâce à l’église. Ma grand-mère etait une de ces agricultrices dont parle Simone de Beauvoir dans le Deuxième sexe. Écrasée par la charge mentale d’élever une famille, de gérer toute l’administration de la ferme en plus de travailler physiquement avec son mari, elle avait une rancoeur accumulée qu’elle déchargeait sur son mari. À soixante ans, elle marchait avec 2 cannes. Je l’ai toujours connu comme ça. Ses enfants se moquaient de sa bigotterie et ont tous rejeté le christianisme mais on peut comprendre que ça l’aidait à tenir. On peut comprendre aussi que mes oncles et tantes s’indignent quand la violence faite aux hommes est passée sous silence. Je suis bien placée pour savoir qu’elle existe. Ici, au Québec, les blagues sur la violence faite aux hommes semblent acceptables sous prétexte que l’égalité homme/femme reste à atteindre. Si les luttes pour la reconnaissance du travail invisible des femmes, la juste rémunération des congés maternité reste importante, cela ne peut en aucun cas prendre la forme d’une revanche. 

Quand on adopte avec moi une attitude autoritaire, j’adopte la technique de pépé de passer en mode autiste, invisible, me faire toute petite pour qu’on m’oublie un peu, qu’on me foute la paix quoi. J’ai gardé la Bible de mémé et le couteau Laguiole de pépé. Je vous aime tous les deux pépé mémé. Paix à vos âmes. 

mercredi 24 juin 2026

Les relations

La solitude est parfois agréable, parfois pesante. Nous aspirons à être en relation et quand la possibilité nous est donnée, bien souvent nous échouons. Nous réessayons avec prudence, patience, respect et confiance et comme c'est bon alors.

samedi 20 juin 2026

Mon tour du monde des métiers

Dans ma bio d'écrivain, on pourra lire "Française installée au Québec depuis 16 ans, Elsa Moulin fut tour à tour documentaliste, femme de ménage, secrétaire, jardinière, enseignante". Oui, je change de métier tout le temps, prenant le risque chaque fois de repartir à zéro et de devoir apprendre beaucoup de choses, mais j'aime ça. Je suis une exploratrice. Si on était dans Gilmore girls et qu'Alma soit Stars Hollow, je serais Kirk.
Parmi les métiers que j'aimerais faire, il y a celui de brigadière quand je serai retraitée. La dame qui fait traverser les enfants, le matin avant l'école, le midi et après l'école. Elle veille qu'ils traversent en sécurité, elle échange quelques mots avec eux. Elle travaille à temps partielle mais est assurément une personne importante pour les enfants.

vendredi 12 juin 2026

Célibataire

Oh la joie d’être célibataire! J’en arrive à ce point tant espéré où la perspective d’avoir quelqu’un dans ma vie ne me réjouit pas tant.
Oh le plaisir d’aller boire un verre ou se faire un petit resto seule. 
Oh le plaisir de l’amitié aussi. 

lundi 8 juin 2026

Vieillir (texte 2022)

Ta tante Mad a eu un malaise. Tu ne sais plus trop ce qui s'est passé. Tu es si loin. Tu sais que ta mère est inquiète, qu'elle a eu peur de perdre sa sœur. Que ça pourrait être un problème d'audition, le tympan, l'équilibre, mais tu as aussi entendu le mot AVC. Agnès aussi a fait un AVC il y a quelques années. Tu l'as appris d'ici, de l'autre côté de l'Atlantique et tu as suivi ça mollement. Ta vie continuait ici. Tu les aimes tellement. Ta famille là-bas te donne peu de nouvelles mais le « téléphone Moulin » circule bien, par l'intermédiaire de ta mère. Et quand tu rentres au pays, l'accueil est chaleureux et c'est comme si le temps n'avait jamais passé. Tu n'as fait aucune fête de famille depuis que tu es partie il y a 12 ans, sauf en 2012, quand tu es rentrée, ta tante Agnès avait fait des petites retrouvailles en décembre avec tous les oncles et tantes et quelques cousines. Tes enfants étaient contents, ils ont connu cet esprit de famille, quand les enfants s'amusent pendant que les parents s'amusent de leur côté.

Ta mère a 70 ans et tu sens que ces malaises lui font peur. A toi aussi. Depuis quelques années déjà, tu sens que les cheveux blancs, les bobos qui ne se réparent plus aussi bien qu'avant, t'entrainent vers la fin. Oui, c'est tragique, dit comme ça, mais c'est bien ça. Tu as beau refusé d'appeler ta mère « vieille » ou « aînée », elle vieillit pareil. Et toi aussi. Et si tu retournais vivre en France, le temps aurait passé pareil. 


Mais malgré tout, tu le sais, la force de votre amour, les valeurs familiales sont là.


Ça se rapproche et on sent que c'est ça finalement, une vie, 70, 80 ans, 120 ans peut-être si on est chanceux mais pas plus. On se rend compte de notre finitude et qu'on doit faire avec. Qu'est-ce que ça change en fait? Rien. Pas question de s'en faire plus pour ça sinon ça deviendrait invivable. Le goût de vivre mieux, de mieux faire les choses, d'être carpe diem, de laisser une trace derrière soi? Non plus, sinon ça deviendrait tellement solennel. Simplement continuer.

samedi 6 juin 2026

Lilianne Coté

Je tombe sur ses livres par hasard, à donner au Centre des femmes et je sais que ça va être bon. Je connais Liliane par le Saint-Jude où je travaille comme femme de ménage et je sais que j’ai fait le bon choix en m’entourant de gens cultivés et tranquilles.

Parmi tous ces bourgeois, tous n’ont pas des livres et encore moins des bons livres. Il y a quelques bons titres chez Lilianne.

C’est une petite femme discrète. Elle reste en appartement tandis que son mari est dans la phase 2, l’aile pour les personnes moins autonomes. Ils marchent souvent ensemble. 

Son premier livre est un récit sur la dépression du conjoint, qu’on devine autobiographique. Il y a cependant une certaine mise à distance puisque les personnages ont des noms différents. Sachant par contre que le narrateur/auteur est aussi personnage, je me demande si elle n’a pas eu un traitement différent des deux personnages mais le résultat final est impeccable. Certainement un livre important pour comprendre la dépression. Le deuxième est un récit autobiographique également, de souvenirs d’enfance. L’écriture de Lilianne est délicate et précise comme l’est celle de Margaret Laurence ou Gabrielle Roy.

Traumas

Un jour qu'il était enfant, mon pote Charlie a vu son père arriver avec un fusil de chasse. Il venait tuer sa mère, récupérer la garde de son fils, peut-être tuer tout le monde ou lui-même.

Des histoires comme ça, j'en ai plein.

Comment on fait pour vivre avec ça? 

jeudi 4 juin 2026

Abuela

On arrive à Québec un soir d'été. Ameth et Robert ont fait le déménagement. Comme d'hab, je les regarde porter en aidant mollement. Je m'occupe des enfants. On arrive le soir et y a un dégât des eaux dans le logement. Y en aura d'autres des dégâts des eaux. Mais quand ça arrive Irénée, la propriétaire, nous fait toujours le mois gratis. Quand on arrive les enfants sont épuisés. Elle nous dit «venez, venez». Je sais plus comment ça s'est passé. Sûrement qu'on a pris un café avec la crème à la noisette. Les enfants tombaient de sommeil alors on les a couchés en haut. Lucas, son petit-fils qui a l’âge d’Arona, dormait déjà. 

Je découvre un intérieur bordélique, avec des vieux meubles, un piano et un espace de jeu pour les enfants avec une cabane en bois. Y a aussi Véro, la fille d'Irénée Elle est handicapée, et Luca est son fils. Voilà. J'apprends vite tout ça. Puis on rencontre Oscar, le grand-père. J'apprendrai plus tard qu’Irénée a divorcé à 70 ans après avoir vécu la violence conjugale. Un jour, elle a dit ça suffit. Il lui en a fait baver pendant le procès, réfutant bien sûr la notion de viol conjugal et ne comprenant pas en quoi un père contrôlant est une mauvaise chose. «On avait pas droit de parler à table». Mais au moins elle est restée dans la maison. Maintenant ils sont amis. Oscar est un monsieur très gentil et un grand-père attentif pour Luca. Il vient souvent chez elle, «mais s'il va trop loin, je lui dit "la porte est ici"». Ça fait qu'elle a tout de suite vu ce qui se passait entre moi et Ameth. 

Bref, on a passé la nuit chez Irénée, et évidemment le matin, elle nous a reçu avec un bon petit déjeuner. La table était mise. Après, on l'a connue de plus près. Elle était notre propriétaire, voisine et amie. Quand on avait des dégâts des eaux ou autres problèmes, elle nous faisait le mois gratuit. Elle gardait les enfants souvent et Luca venait jouer souvent aussi. Elle était contente d'avoir des locataires gentils et cultivés comme nous. On était contents d'avoir une proprio-voisine-amie non matérialiste qui aimait chiller autour d'un bon café. Les années ont passé comme ça simplement. Irénée avait inscrit Luca à des cours de violon, piano et karaté. Nous on zappait un peu d'une activité à l'autre, pas vraiment certains de vouloir en faire des virtuoses. Qu'importe, ils n'ont pas été malheureux et ont développé le goût des arts pareil, sûr que le modèle de Luca les a inspirés pareil. Mais surtout, ils déconnaient bien tous les trois, ils se sont connus de  5 à 8 ans pour Olga, 7 à 10 ans pour Arona, la complicité d'un petit voisin avec qui on rigole, on fait des conneries, on lâche son fou. On aurait pu rester plus longtemps mais c'était déjà pas mal. Et ils ont connu aussi cette «abuela» comme ils appelaient Irénée au bout d'un moment. Je ne sais ce qu'est devenue cette abuela aujourd"hui, je l'appelais pour la bonne année, pas tant sûre de moi, après tout c'était notre proprio. Mais elle était toujours contente de nous voir. Quand on va à Québec, on lui rend parfois visite. On a vu Luca grandir et Véro parfois arrêter de fumer, parfois reprendre.

samedi 23 mai 2026

La foi

Je raconte à Josée-Anne que je pratique la prière depuis deux ans et que ça me fait du bien, et elle qui trippe spiritualité et ressourcement me demande quand j’ai eu la révélation.
Il est des choses intimes comme la spiritualité qu’on ne peut pas vraiment partager.
En vérité ma pratique de la prière est peut-être née de l’absence de foi ou du fait que les pseudos révélations que j’ai pu avoir ne m’étaient d’aucune utilité. Dans la nuit où je me trouvais, dans l’impossibilité de me choisir une religion, christianisme ou islam, alors que mon éducation avait été plus athée, je me suis mise à prier, de façon répétitive et régulière, sans trop savoir où ça me mènerait, en essayant au début d’invoquer le Seigneur, de faire le Notre père ou le Je vous salue Marie que je maîtrise à peine. Et puis, petit à petit j’ai ramené ca à quelque chose de plus simple. Prier pour moi, mes trois enfants, mes proches, me donner la force.

vendredi 22 mai 2026

Raconter

Un ami qui suit régulièrement ce que j'écris m'a dit récemment que je devrais publier un recueil de nouvelles. Oui, peut-être un jour, mais avec un blog qui fait environ 1000 vues par mois sans référencement, je suis déjà contente d'être lue. Par contre, je voudrais utiliser ma plume pour dire les choses importantes, parler des sujets qui me tiennent à coeur, et je veux pour ça trouver les bons mots.

La violence conjugale est l'une d'entre elle. Le sujet est à la mode. On prétend que nous sommes mortes et pourtant beaucoup d'entre nous sommes encore là. On ne parle que de la violence faite aux femmes et pourtant les hommes sont touchés aussi. Il n’y a pas de concurrence. On veut du progrès pour tout le monde. Je me suis abstenue d'écrire sur le sujet car je veux le faire sans pathos, avec subtilité. En ce moment je regarde l'émission de danse Révolution à la télé et voilà, c'est ce que je veux faire avec mes mots, raconter mon histoire à petits pas léger, avec des grands mouvements, et des pirouettes subtiles. 

Mais voilà, la vérité est souvent efficace. La violence psychologique est insidieuse. Invisible, elle commence à être prise en compte par les tribunaux mais comment prouver? Je n'ai jamais gardé aucune preuve. Les textos assassins que je reçois encore parfois, je les efface aussitôt. Quand nous vivions ensemble, c'était "tu fais tout très mal", "tu es une mauvaise mère", "tu es diabolique", "tu mens", "je veux pas que mes enfants aillent dehors", "t'es une mauvaise personne", "je pourrais mal le prendre", "tu vas voir ce que je vais te faire". Ça plus les accès de colère imprévisible, la vaisselle jetée dans l'évier parce que soit disant mal faite, etc. Si tu l'as vécu, tu comprendras, sinon peut-être pas. Peut-être que toi aussi tu diras "chicane de couple". Mais non, la personne qui s'effrite petit à petit sous les mots, c'est autre chose. Et ça peut toucher autant les hommes que les femmes. Aujourd'hui ça continue, moins souvent mais de façon tout aussi imprévisible : "lave-toi la bouche quand tu parles", "tu dois te faire soigner". J'écris pas pour les hater, c'est pourquoi je n'écris pas sur Facebook, j'écris pour celles, ceux qui se reconnaîtront, pour les dire que nous sommes  vivantes, vivants. Et pour les autres, sachez que je n'ai ni besoin de votre pitié, ni de votre compassion, ni de votre jugement. 

On dirait que cet article parle de moi. Je ne suis donc pas la seule à vivre de la violence post conjugale 10 ans après.

https://www.lapresse.ca/dialogue/temoignages/2026-05-07/voici-pourquoi-il-nous-faut-une-loi-gabie-renaud.php

samedi 9 mai 2026

Angine

On est dans une soirée et soudain ça passe Angine de poitrine, tout le monde va danser. Mon oncle Jean dans de façon super psychédélique, je lui dis oui tu t'y connais toi vu qu'il a été jeune dans les années 70. On est heureux.

jeudi 7 mai 2026

L’odeur des vacances

Les aires d’autoroute, c’est l’odeur des vacances. Entre le Saguenay-Lac-Saint-Jean, tu t’arrêtes à l´Etape, la seule aire d’autoroute sur 2h30 de trajet. Tu fais la ville pour aller aux toilettes, tu te sèches les mains avec un séchoir  ultra-puissant El Nino, et puis tu prends un paquet de chips et un grand café trop chaud qui durera jusqu’à Québec.

Tu croises parfois des gens que tu connais, de Québec ou du Saguenay, parfois tu ne sais plus d’où mais tout le monde est bien relaxe.


La plage. Je les aime bondées, quand on est les uns sur les autres. Les cris des enfants et des mouettes, l’odeur de la crème solaire au monoï, la musique trop forte, les éclaboussures de sable ou les ballons mous qui t’arrivent dans la face. Comme on a plus de place au Québec, je vais camper et me baigner à Dam’en terre cette jolie plage où on est assez serrés pour écouter les conversations des gens, quel bonheur pour un écrivain.


Mon HLM suite

Maintenant que je l'ai quitté, je peux bien "croquer" mes voisins de HLM.

J'y suis arrivée quand je venais de me séparer. La directrice de la Passerelle m'avait fait une lettre de recommandation et ça a été vite.

Le 4 septembre 2016, j'ai quitté mon domicile familial. J'avais passé un mois en France et j'avais pris le goût de la liberté. J'avais vu que j'étais capable de me débrouiller sans Ameth et c'était le bon moment. Une intervenante à qui j'avais parlé de mes difficultés conjugales, m'avait donné le nom de la Passerelle. J'étais passée les voir le mercredi et on avait convenu que je viendrais dormir le vendredi soir.

Je suis partie de chez moi très vite avec mon sac à dos et mon bébé, avant qu'Ameth ne rentre, le coeur battant, laissant les deux grands avec lui. Une semaine avant, j'avais ouvert un compte à mon nom pour y recevoir mes prestations de congés maternité. Je suis partie et je ne me suis pas retournée.

Quand je suis arrivée dans cette grande maison chaleureuse, j'ai ressenti un grand apaisement. Ma chambre était décorée avec des dessins du Petit prince et on pouvait lire la citation "on peut pleurer un peu quand on s'est laissé apprivoiser".

Il y avait là Nancy, une femme qui avait quitté son chum pour violence conjugale, Caroline, la soeur de Michel Marc Bouchard, plus âgée, qui venait là se reposer, suite à une dépression, suite à de la violence conjugale vécue plusieurs années auparavant, Marie-Christine, une jeune femme fan du dalaï lama, qui la jouait zen et copine des intervenantes, elle me posait beaucoup de question mais restait énigmatique quand il s'agissait de parler de sa vie, Mylène, une jeune femme qui avait un garçon mais voulait être un tom boy, roots et affranchie de tous liens,.Yvonne, une Attikamekw qui était là avec ses deux garçonsa avec qui mes grands ont sympathisé un peu quand ils ont pu venir et Corinne, une femme "simplette" qui quittait pour la première fois le foyer familial à plus de 30 ans et qui se sentait insécure, elle appelait sa mère chaque soir mais on devinait qu'il était venu le temps pour elle de voler de ses propres ailes et que ça lui faisait peur. Je pense qu'elle s'est installée ensuite au Renfort et que ça s'est bien passé. Il y avait aussi une jeune femme avec un bébé qui avait des problèmes de revenus et qui logeait là temporairement. Très douce. En 1 mois à vivre là-bas, j'ai appris à les connaître et il s'est noué des liens forts que nous n'avons pas eu envie de prolonger par la suite.

On m'avait dit "tu n'as pas forcément besoin de vivre de la violence conjugale pour venir là". ça m'avait mise en confiance, J'ai appris durant mon séjour que l'adresse de la maison ne doit être divulguée à personne en raison des risques que ça représente pour les femmes.

Ça avait quelque chose d'un centre de désintox avec des règles strictes comme les repas à heure réguilières et les regles nécessaires pour vivre ensemble. Mais c'était très réconfortant et je m'y pliais de bonne grâce. Par contre, quand une intervenante m'a demandé d'aller allaiter dans ma chambre parce que ça pouvait choquer d'autres femmes, j'ai trouvé ça violent et j'ai immédiatement demandé à chacune des femmes ce qu'elles en pensaient. Toutes m'ont confirmé que ça ne les gênait pas, mais le lendemain, la directrice m'a convoquée pour s'excuser. J'ai su depuis que c'était une intervenante blessée par la vie, et je comprends que ça ait pu la choquer pour une raison ou pour une autre. Je suis contente par contre de ne pas m'être laissée faire. J'allaitais donc dans la salle commune et c'était agréable de me balancer dans une chaise bercante en compagnie d'autres femmes. Je faisais beaucoup de casse-têtes.

Quand je suis arrivée dans mon HLM en octobre, mon voisinage était peu agréable. Richard et Marcelle, mes voisins d'à côté, passaient leur temps à s'engueuler comme du poisson pourri à tout heure du jour et surtout de la nuit, affreux sales et méchants aurait dit ma mère. On ne savais qui agressait l'autre, mais pour moi qui sortait de la violence conjugale, c'était intense. Quand j'allais frapper chez eux pour me plaindre, Richard, ouvrait, torse nu dans sa chaise roulante et la clope au bec avec l'air de se foutre de ma gueule. ou de ne rien comprendre et 'Marcelle derrière, faisait pareil. Par contre, quand ils avaient besoin d'un service, genre changer une ampoule, ils venaient me voir, et me prenaient pour leur boniche. Après les avoir avertis plusieurs fois, excédée un matin à 5h qu'ils se foutent de moi et déjà par des nuits trop courtes quand on a un bébé, j'ai lancé une poignée de sel de déneigement chez eux. Bref, déjà fautifs, ils ne m'ont pas dénoncée. Une autre fois, j'ai appelé la police, mais rien n'a changé et c'est finalement le service de médiation du HLM et la plainte déposée à l'OMH qui a arrangé les choses.

J'avais instauré l'ambiance calme que j'avais vu à la Passerelle chez moi (j'ai réussi à la garder 1 an environ) et mes limites étaient réduites, j'étais bien décidée à ne rien laisser passer.

La voisine du dessus vivait là avec son fils Maxime et ses deux petites soeurs. Maxime avait vécu de la violence de la part de son père et la voisine, une grosse femme dans la trentaine avait l'air plutôt sympa. Hélas, elle avait décidé de s'installer là avec son soit disant meilleur ami et ses filles. Le gars avait une tête de bellâtre et de salopard et très vite les choses ont dégénéré pour Maxime. C'était principalement sa mère qui lui criait dessus à longueur de journée mais je sentais que ce type ne devait pas aider. Maxime était dans la classe d'Olga et c'était la bête noire de la classe. Personne dans la classe ne l'aimait, et pourtant ce gamin avait l'air gentil. Mais quand j'essayais d'aller vers lui ou de lui proposer des jeux dans la cour, il était fuyant. un jour que ça criait trop fort en haut - je savais que c'était après lui car je l'entendais qui se défendait ou pleurait, je ne sais plus - je suis montée voir la voisine et je lui ai dit "écoute, si tu as besoin de soutien, je suis là". Je ne voulais pas lui "taper" dessus, lui faire la leçon, étant passée par là, et plutôt avoir une approche positive. Mais ça n'a rien changé et quand ils ont déménagé, j'ai regretté de n'avoir pas appelé la DPJ. J'ai revu le type quelque temps plus tard, avec une autre blonde mais toujours sa tête de salopard. Pense pas que je juge trop vite, ces choses là se sentent, je te jure.

Mon voisin du dessus, Joeffrey est arrivé avec sa blonde et son petit garçon Owen quelque temps après. Toujours en party, ils devaient prendre pas mal de drogues et laissaient des poubelles dégueulasses et puantes trainer sur le palier et sur leur balcon. Un jour, il est venu me demander de lui partager mon internet. J'ai accepté et là, j'ai trouvé le truc : je lui coupais l'internet chaque fois qu'il faisait trop de bruit, et le son baissait instantanément. 

L'ex d'Anick, qui vivait tout en haut, m'avait aussi demandé de lui partager l'internet et j'ai bien fait de refuser car lorsqu'il s'est mis en couple avec Mélanie, ça a dérapé et il a fini par partir. Par contre, quand les enfants d'Anick venaient chez lui, bien qu'il ait eu des problèmes de violence conjugale, on voyait qu'il essayait de faire au mieux avec ses enfants, leur construisant des châteaux de neige et des glissade. Malheureusement les problèmes de violence ne partent pas du jour au lendemain croire qu'on pourra les chasser à coup de pot est un leurre.

Tout en haut, il y avait aussi Isabelle, discrète, mais finalement une mama, comme je l'ai vu lorsqu'elle a accompagnée Marie-Josée dans ses derniers jours. Je voyais souvent Isabelle aller faire ses courses en Taxibus et avec de la difficulté à se déplacer. Une fois Arona lui a monté tout ses sacs et j'ai été bien fière de lui. 

A l'appartement 8, il y a Johanny. Certains disent qu'elle est malcommode et je connais son caractère mais j'ai connu Johanny à la Nichée quand nous étions toutes les deux sous emprise de nos conjoints et je peux comprendre qu'elle soit sur la défensive. A l'époque, elle avait constamment peur de se faire juger par les intervenantes sur sa façon de faire et je me revoyais en elle, Elle restait distante quand j'essayais de la saluer et je sais combien les contacts avec les autres sont rendus difficiles quand on vit ce genre de problème. Lorsque je l'ai revue au HLM, je l'ai trouvée beaucoup plus ouverte et j'ai été contente qu'elle se soit séparée. Elle m'a racontée son histoire, que j'ai comprise pour avoir vécu des choses similaires, mais que des personnes extérieures ne comprennent pas toujours tant on se victimise quand on sort de ça. On voudrait raconter notre histoire à tout le monde et être comprises, que le monde comprenne la violence post-conjugale aussi et le danger qu'on court au quotidien, que les gens nous protège, mais finalement on fait juste les souler et le message se perd... Heureusement qu'il reste les Maisons d'hébergement pour femmes, peut-être les seules, avec tous leurs défauts, à pouvoir nous comprendre. Johanny et moi, on s'est beaucoup entraidées, on se gardait les filles et elle me prêtait sa voiture. On n'est jamais vraiment devenues amies mais on est solidaires. Johanny était fière d'avoir exercé un métier non traditionnel pour les femmes puisqu'elle avait été camionneuse. Malgré ses problèmes de santé, elle reprend maintenant un DEP en informatique.

Tout en haut, il y avait aussi la mère d'Anabelle, qui avait elle aussi vécu la violence conjugale Malgré ses embuches, elle fait des études en enseignement et je la trouve très brave. Assidue pour faire son footing et douce avec ses enfants malgré sa tendance à leur donner beaucoup de bonbons, elle s'en sortait bien.

Mélanie avait la réputation d'être la "folle" de l'immeuble, auprès de mes enfants notamment qui se moquaient d'elle quand elle leur criait dessus. Un jour qu'elle s'est engueulée avec Sonia, la voisine qui avait sa maison en face du HLM et don un ami l'avait traitée de BS, elle s'est excusée et m'a parlé de son problème d'anxiété chronique. Que j'accueille sa confession avec simplicité l'a mise en confiance et depuis elle a été moins agressive même si elle avait parfois un malin plaisir à chicaner les enfants qui faisaient du bruit dans la cour.

Marie-Josée est arrivée et repartie au printemps 2021.  Croisée ici et là au café l'Accès, j'avais su qu'elle avait un cancer mais cette fois, elle était à un stade avancé. Je l'ai aidé quelques fois à faire des courses et à aller au Renfort, mais avec la COVID, je dois dire que je gardais mes distances alors qu'elle s'en foutait bien, au point où elle en était d'attraper la COVID. Je l'avais côtoyée 1 an avant à l'atelier "Y a pas de parent parfait" à la Maison des familles et elle nous avait bouleversée lorsqu'elle avait dit que bientôt ses garçons devraient lui dire au revoir. Malgré cette tragédie, ses garçons étaient mignons et elle semblait avoir réussi à être la mère qu'elle souhaitait.

La semaine de son décès, je lui ai trouvée une chaise longue sur Marketplace et elle a été super contente de pouvoir relaxer. Isabelle, Mélanie, moi et Claudia qui passait par là, on a pris le soleil avec elle et c'était vraiment un beau moment. Le soir de son décès, j'ai vu qu'elle m'avait appelée mais je n'ai pas répondu...

Arona m'a dit que c'est triste mourir en HLM, il a toujours été complexé par la pauvreté, moi je trouve pas, elle a été quand même entourée la semaine de son décès et l'aurait peut-être moins été dans une grande maison.


jeudi 16 avril 2026

Remonter

Les épreuves de la vie m’ont appris que je valais pas mieux qu’un drogué, qu’une prostituée, dans le sens qu’on est tous égaux, qu’il y a de la beauté et la capacité de remonter en chacun d’entre nous. Alors je suis remontée.

mardi 7 avril 2026

Révélation

Pour moi, qui comme bien des Français, ai reçu une éducation athée, il est parfois difficile de garder le sens, l'espoir, la foi. Ayant reçu également l'héritage chrétien de ma grand-mère et celui musulman du père de mes enfants, ces questions me passionnent. Je n'interroge et je cherche un sens. Parfois je me prie à ma façon.

Quand nous avons habité à Gaspé, il y avait une très belle église. Elle était ouverte en journée, ce qui est rare au Québec et j'y ai amené les enfants, alors âgés de 4 et 6 ans. En y entrant, ils se sont agenouillés pour faire la prière musulmane. C'était très beau et une religieuse à qui j'ai raconté ça plus tard, a souri. Dieu est partout. Je rêve aujourd'hui d'églises multifonctionnelles qui pourraient servir également de mosquée, comme c'est le cas à Toronto je crois (nous avions vu ça dans une série de fiction). Cette année-là, j'étais en recherche spirituelle et j'ai interrogé ma mère quand elle est venue me voir. "À quel moment tu as perdu la foi?". Je crois qu'on était dans l'église quand je lui ai demandé. "Je l'ai peut-être jamais perdue...". Elle m'a fait cette réponse, surprenante, qu'elle renierait peut-être maintenant, sans me l'expliquer. A-t-elle trouvé une foi athée? A-t-elle des restes de son éducation chrétienne, qu'elle a renié car trop moralisatrice, trop contraignante?

J'ai eu la révélation de Dieu un soir après avoir fumé un joint avec Ameth. Nous étions allés voir une soirée poésie où ma cousine Lise lisait des textes, et à la fin, les comédiens ont demandé au public s'ils voulaient partager des poèmes. Un monsieur âgé a récité Élévation de Baudelaire : "Mon esprit tu te meus avec agilité / Envoie-toi bien loin de ces miasmes morbides". Baudelaire qu'on a tant appris à l'école, qui lui aussi devait en fumer du bon, et qui recherchait Dieu malgré tout. Avec sa voix chevrotante, ce vieux nous récitait ce poème magnifiquement. Et là, au lit avec Ameth, j'ai eu la révélation, Dieu = bon = beau = vrai! Est-ce que l'influence de l'herbe rendait ma révélation caduque? Je ne pense pas. Simplement, mon esprit athée fermé avait besoin d'un coup de pouce, d'une ouverture.
Cette révélation me guide encore. Qu'on soit athée, croyant, polythéiste ou monothéiste, il nous faut rechercher le bien. C'est ce que j'appelle Dieu.

Devrions-nous d'ailleurs voir la vie avec cette dichotomie bien/mal? Je crois que certaines cultures l'entendent autrement. 

Mon père biologique que j'ai rencontré quelques fois seulement, m'a raconté avoir eu la révélation du néant à l'âge de 8 ans. Petit athée précoce. Je savais que ma grand-mère Olga était athée mais la "révélation du néant" me semble quand même extrême. Je crois qu'il est de nature un peu dépressive, et ce néant me semblait porteur de désespoir. Pourtant, croire en rien, ça peut être aussi croire en l'humain, à notre pouvoir personnel, en notre responsabilité, notre libre arbitre. Mais croire en l'humain, en notre pouvoir personnel, n'est-ce pas épuisant, n'est-ce pas trop lourd à porter, quand les croyants peuvent lâcher prise, s'en remettre à Dieu, inchallah, on verra demain, "si Dios quiere"?
Le mal, la souffrance font partie de la vie. Y voir la preuve de la non-existence de Dieu ne me convainc pas, pas plus qu'y voir des épreuves que Dieu nous soumet. Par contre, je crois qu'il faut garder espoir. Et c'est peut-être ça la foi. 

Prier, à genou les mains jointes pour la prière chrétienne ou la tête collé au sol et à travers un enchaînement qui ressemble à la salutation au soleil pour les Musulmans, c'est l'humilité, c'est dire, je m'en remets à toi Seigneur, poussière je suis et poussière je redeviendrai. C'est dire, je ne sais pas de quoi demain sera fait mais chaque jour, j'accomplis ces mêmes gestes.

Cette année, j'ai eu la chance de chanter à l'église. Je l'ai fait avec beaucoup d'humilité et ça m'a permis d'en apprendre plus. Je me suis gardée de critiquer, comme savent le faire les athées. Cependant, quand mon coloc chrétien, m'a dit que toutes les églises d'Alma étaient pleines pour Pâques, je n'ai pas pu m'empêcher de lâcher "ah, parce qu'il y a encore autant de Chrétiens?". Je me suis rendue compte que si je connais assez bien la culture chrétienne, l'histoire de Jésus, etc. j'en connais assez peu sur les traditions chrétiennes. J'ignorais qu'à Pâques il y avait des messes chaque jour, qu'on faisait le chemin de croix et ce qu'était le mercredi des cendres. Et je dois dire qu'à côté du dépouillement de l'islam, les traditions chrétiennes me semblent un peu chargées. Mais je comprends l'importance des rituels, comment ils rythment les saisons et la vie des croyants, combien c'est beau de les avoir sauvegardés et l'importance pour les Juifs de sauvegarder les leurs qui sont encore plus anciens.

dimanche 8 février 2026

L'immigration

Lu sur un groupe facebook d'émigrants/immigrants : "Vous pouvez commencer par une année sabbatique, d’essai. Quand j’ai émigré d’Europe au Canada, je pensais surtout changer de continent. Je n’avais pas réalisé que je changerais aussi de vie conjugale. Mon mariage a échoué.

Émigrer, ça te secoue jusqu’au fond. Ça enlève les couches, les excuses, le confort, et ça te force à voir qui tu es vraiment. Ce n’est pas pour les peureux: tout est à vif, les émotions en plein visage.

Changer de pays, c’est comme changer de job… fois mille. Nouveau système, nouvelles règles, nouveaux codes. Tu dois performer pendant que tu réapprends à marcher.

Émigrer, c’est comme jeter les antidépresseurs à la poubelle. Plus d’engourdissement. Tu ressens tout, fort, brut, sans filtre.

Mais c’est beau et ça réveille."

dimanche 1 février 2026

Rêve 1er février

Je suis dans un grand bâtiment avec plusieurs organismes et on cherche la bibliothèque. On s’est arrêté dans cette ville en se disant on trouvera bien la bibliothèque. On est sur le point de partir quand arrive Elsa la bibliothécaire, genre de bibliothécaire de rue. J’aimerais faire ça un jour.

mercredi 14 janvier 2026

Gratitude

Je retrouve ce texte sur Ameth qui dit tout, notre amour, nos peines, nos incompréhensions.

Aujourd'hui, je suis allée chanter à l'église et la présence des autres me comble le cœur. J'ai essayé d'être plus présente que la dernière fois, plus humble aussi. Cela me donne la nourriture spirituelle qui me manque. Jeannine racontait à Doris qu'elle et son mari vont aux activités des Partag'heures et Doris a dit "moi, mon mari suit pas, chacun fait à sa façon, mais quand les deux veulent la même chose, c'est une grâce." C'est ainsi qu'ils voient la vie, grâce, bénédiction, pardon, pitié, miséricorde, humilité. 

lundi 12 janvier 2026