Un ami qui suit régulièrement ce que j'écris m'a dit récemment que je devrais publier un recueil de nouvelles. Oui, peut-être un jour, mais avec un blog qui fait environ 1000 vues par mois sans référencement, je suis déjà contente d'être lue. Par contre, je voudrais utiliser ma plume pour dire les choses importantes, parler des sujets qui me tiennent à coeur, et je veux pour ça trouver les bons mots.
La violence conjugale est l'une d'entre elle. Le sujet est à la mode. On prétend que nous sommes mortes et pourtant beaucoup d'entre nous sommes encore là. Je me suis abstenue d'écrire sur le sujet car je veux le faire sans pathos, avec subtilité. En ce moment je regarde l'émission de danse Révolution à la télé et voilà, c'est ce que je veux faire avec mes mots, raconter mon histoire à petits pas léger, avec des grands mouvements, et des pirouettes subtiles.
Mais voilà, la vérité est souvent efficace. La violence psychologique est insidieuse. Invisible, elle commence à être prise en compte par les tribunaux mais comment prouver? Je n'ai jamais gardé aucune preuve. Les textos assassins que je reçois encore parfois, je les efface aussitôt. Quand nous vivions ensemble, c'était "tu fais tout très mal", "tu es une mauvaise mère", "tu es diabolique", "tu mens", "je veux pas que mes enfants aillent dehors", "t'es une mauvaise personne", "je pourrais mal le prendre", "tu vas voir ce que je vais te faire". Ça plus les accès de colère imprévisible, la vaisselle jetée dans l'évier parce que soit disant mal faite, etc. Si tu l'as vécu, tu comprendras, sinon peut-être pas. Peut-être que toi aussi tu diras "chicane de couple". Mais non, la personne qui s'effrite petit à petit sous les mots, c'est autre chose. Et ça peut toucher autant les hommes que les femmes. Aujourd'hui ça continue, moins souvent mais de façon tout aussi imprévisible : "lave-toi la bouche quand tu parles", "tu dois te faire soigner". J'écris pas pour les hater, c'est pourquoi je n'écris pas sur Facebook, j'écris pour celles, ceux qui se reconnaîtront, pour les dire que nous sommes vivantes, vivants. Et pour les autres, sachez que je n'ai ni besoin de votre pitié, ni de votre compassion, ni de votre jugement.
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