jeudi 7 mai 2026

Mon HLM suite

Maintenant que je l'ai quitté, je peux bien "croquer" mes voisins de HLM.

J'y suis arrivée quand je venais de me séparer. La directrice de la Passerelle m'avait fait une lettre de recommandation et ça a été vite.

Le 4 septembre 2016, j'ai quitté mon domicile familial. J'avais passé un mois en France et j'avais pris le goût de la liberté. J'avais vu que j'étais capable de me débrouiller sans Ameth et c'était le bon moment. Une intervenante à qui j'avais parlé de mes difficultés conjugales, m'avait donné le nom de la Passerelle. J'étais passée les voir le mercredi et on avait convenu que je viendrais dormir le vendredi soir.

Je suis partie de chez moi très vite avec mon sac à dos et mon bébé, avant qu'Ameth ne rentre, le coeur battant, laissant les deux grands avec lui. Une semaine avant, j'avais ouvert un compte à mon nom pour y recevoir mes prestations de congés maternité. Je suis partie et je ne me suis pas retournée.

Quand je suis arrivée dans cette grande maison chaleureuse, j'ai ressenti un grand apaisement. Ma chambre était décorée avec des dessins du Petit prince et on pouvait lire la citation "on peut pleurer un peu quand on s'est laissé apprivoiser".

Il y avait là Nancy, une femme qui avait quitté son chum pour violence conjugale, Caroline, la soeur de Michel Marc Bouchard, plus âgée, qui venait là se reposer, suite à une dépression, suite à de la violence conjugale vécue plusieurs années auparavant, Marie-Christine, une jeune femme fan du dalaï lama, qui la jouait zen et copine des intervenantes, elle me posait beaucoup de question mais restait énigmatique quand il s'agissait de parler de sa vie, Mylène, une jeune femme qui avait un garçon mais voulait être un tom boy, roots et affranchie de tous liens,.Yvonne, une Attikamekw qui était là avec ses deux garçonsa avec qui mes grands ont sympathisé un peu quand ils ont pu venir et Corinne, une femme "simplette" qui quittait pour la première fois le foyer familial à plus de 30 ans et qui se sentait insécure, elle appelait sa mère chaque soir mais on devinait qu'il était venu le temps pour elle de voler de ses propres ailes et que ça lui faisait peur. Je pense qu'elle s'est installée ensuite au Renfort et que ça s'est bien passé. Il y avait aussi une jeune femme avec un bébé qui avait des problèmes de revenus et qui logeait là temporairement. Très douce. En 1 mois à vivre là-bas, j'ai appris à les connaître et il s'est noué des liens forts que nous n'avons pas eu envie de prolonger par la suite.

On m'avait dit "tu n'as pas forcément besoin de vivre de la violence conjugale pour venir là". ça m'avait mise en confiance, J'ai appris durant mon séjour que l'adresse de la maison ne doit être divulguée à personne en raison des risques que ça représente pour les femmes.

Ça avait quelque chose d'un centre de désintox avec des règles strictes comme les repas à heure réguilières et les regles nécessaires pour vivre ensemble. Mais c'était très réconfortant et je m'y pliais de bonne grâce. Par contre, quand une intervenante m'a demandé d'aller allaiter dans ma chambre parce que ça pouvait choquer d'autres femmes, j'ai trouvé ça violent et j'ai immédiatement demandé à chacune des femmes ce qu'elles en pensaient. Toutes m'ont confirmé que ça ne les gênait pas, mais le lendemain, la directrice m'a convoquée pour s'excuser. J'ai su depuis que c'était une intervenante blessée par la vie, et je comprends que ça ait pu la choquer pour une raison ou pour une autre. Je suis contente par contre de ne pas m'être laissée faire. J'allaitais donc dans la salle commune et c'était agréable de me balancer dans une chaise bercante en compagnie d'autres femmes. Je faisais beaucoup de casse-têtes.

Quand je suis arrivée dans mon HLM en octobre, mon voisinage était peu agréable. Richard et Marcel, mes voisins d'à côté, passaient leur temps à s'engueuler comme du poisson pourri à tout heure du jour et surtout de la nuit, affreux sales et méchants aurait dit ma mère. On ne savais qui agressait l'autre, mais pour moi qui sortait de la violence conjugale, c'était intense. Quand j'allais frapper chez eux pour me plaindre, Richard, ouvrait, torse nu dans sa chaise roulante et la clope au bec avec l'air de se foutre de ma gueule. ou de ne rien comprendre et 'Marcelle derrière, faisait pareil. Par contre, quand ils avaient besoin d'un service, genre changer une ampoule, ils venaient me voir, et me prenaient pour leur boniche. Après les avoir avertis plusieurs fois, excédée un matin à 5h qu'ils se foutent de moi et déjà par des nuits trop courtes quand on a un bébé, j'ai lancé une poignée de sel de déneigement chez eux. Bref, déjà fautifs, ils ne m'ont pas dénoncée. Une autre fois, j'ai appelé la police, mais rien n'a changé et c'est finalement le service de médiation du HLM et la plainte déposée à l'OMH qui a arrangé les choses.

J'avais instauré l'ambiance calme que j'avais vu à la Passerelle chez moi (j'ai réussi à la garder 1 an environ) et mes limites étaient réduites, j'étais bien décidée à ne rien laisser passer.

La voisine du dessus vivait là avec son fils Maxime et ses deux petites soeurs. Maxime avait vécu de la violence de la part de son père et la voisine, une grosse femme dans la trentaine avait l'air plutôt sympa. Hélas, elle avait décidé de s'installer là avec son soit disant meilleur ami et ses filles. Le gars avait une tête de bellâtre et de salopard et très vite les choses ont dégénéré pour Maxime. C'était principalement sa mère qui lui criait dessus à longueur de journée mais je sentais que ce type ne devait pas aider. Maxime était dans la classe d'Olga et c'était la bête noire de la classe. Personne dans la classe ne l'aimait, et pourtant ce gamin avait l'air gentil. Mais quand j'essayais d'aller vers lui ou de lui proposer des jeux dans la cour, il était fuyant. un jour que ça criait trop fort en haut - je savais que c'était après lui car je l'entendais qui se défendait ou pleurait, je ne sais plus - je suis montée voir la voisine et je lui ai dit "écoute, si tu as besoin de soutien, je suis là". Je ne voulais pas lui "taper" dessus, lui faire la leçon, étant passée par là, et plutôt avoir une approche positive. Mais ça n'a rien changé et quand ils ont déménagé, j'ai regretté de n'avoir pas appelé la DPJ. J'ai revu le type quelque temps plus tard, avec une autre blonde mais toujours sa tête de salopard. Pense pas que je juge trop vite, ces choses là se sentent, je te jure.

Mon voisin du dessus, Joeffrey est arrivé avec sa blonde et son petit garçon Owen quelque temps après. Toujours en party, ils devaient prendre pas mal de drogues et laissaient des poubelles dégueulasses et puantes trainer sur le palier et sur leur balcon. Un jour, il est venu me demander de lui partager mon internet. J'ai accepté et là, j'ai trouvé le truc : je lui coupais l'internet chaque fois qu'il faisait trop de bruit, et le son baissait instantanément. 

L'ex d'Anick, qui vivait tout en haut, m'avait aussi demandé de lui partager l'internet et j'ai bien fait de refuser car lorsqu'il s'est mis en couple avec Mélanie, ça a dérapé et il a fini par partir. Par contre, quand les enfants d'Anick venaient chez lui, bien qu'il ait eu des problèmes de violence conjugale, on voyait qu'il essayait de faire au mieux avec ses enfants, leur construisant des châteaux de neige et des glissade. Malheureusement les problèmes de violence ne partent pas du jour au lendemain croire qu'on pourra les chasser à coup de pot est un leurre.

Tout en haut, il y avait aussi Isabelle, discrète, mais finalement une mama, comme je l'ai vu lorsqu'elle a accompagnée Marie-Josée dans ses derniers jours. Je voyais souvent Isabelle aller faire ses courses en Taxibus et avec de la difficulté à se déplacer. Une fois Arona lui a monté tout ses sacs et j'ai été bien fière de lui. 

A l'appartement 8, il y a Johanny. Certains disent qu'elle est malcommode et je connais son caractère mais j'ai connu Johanny à la Nichée quand nous étions toutes les deux sous emprise de nos conjoints et je peux comprendre qu'elle soit sur la défensive. A l'époque, elle avait constamment peur de se faire juger par les intervenantes sur sa façon de faire et je me revoyais en elle, Elle restait distante quand j'essayais de la saluer et je sais combien les contacts avec les autres sont rendus difficiles quand on vit ce genre de problème. Lorsque je l'ai revue au HLM, je l'ai trouvée beaucoup plus ouverte et j'ai été contente qu'elle se soit séparée. Elle m'a racontée son histoire, que j'ai comprise pour avoir vécu des choses similaires, mais que des personnes extérieures ne comprennent pas toujours tant on se victimise quand on sort de ça. On voudrait raconter notre histoire à tout le monde et être comprises, que le monde comprenne la violence post-conjugale aussi et le danger qu'on court au quotidien, que les gens nous protège, mais finalement on fait juste les souler et le message se perd... Heureusement qu'il reste les Maisons d'hébergement pour femmes, peut-être les seules, avec tous leurs défauts, à pouvoir nous comprendre. Johanny et moi, on s'est beaucoup entraidées, on se gardait les filles et elle me prêtait sa voiture. On n'est jamais vraiment devenues amies mais on est solidaires. Johanny était fière d'avoir exercé un métier non traditionnel pour les femmes puisqu'elle avait été camionneuse. Malgré ses problèmes de santé, elle reprend maintenant un DEP en informatique.

Tout en haut, il y avait aussi la mère d'Anabelle, qui avait elle aussi vécu la violence conjugale Malgré ses embuches, elle fait des études en enseignement et je la trouve très brave. Assidue pour faire son footing et douce avec ses enfants malgré sa tendance à leur donner beaucoup de bonbons, elle s'en sortait bien.

Mélanie avait la réputation d'être la "folle" de l'immeuble, auprès de mes enfants notamment qui se moquaient d'elle quand elle leur criait dessus. Un jour qu'elle s'est engueulée avec Sonia, la voisine qui avait sa maison en face du HLM et don un ami l'avait traitée de BS, elle s'est excusée et m'a parlé de son problème d'anxiété chronique. Que j'accueille sa confession avec simplicité l'a mise en confiance et depuis elle a été moins agressive même si elle avait parfois un malin plaisir à chicaner les enfants qui faisaient du bruit dans la cour.

Marie-Josée est arrivée et repartie au printemps 2021.  Croisée ici et là au café l'Accès, j'avais su qu'elle avait un cancer mais cette fois, elle était à un stade avancé. Je l'ai aidé quelques fois à faire des courses et à aller au Renfort, mais avec la COVID, je dois dire que je gardais mes distances alors qu'elle s'en foutait bien, au point où elle en était d'attraper la COVID. Je l'avais côtoyée 1 an avant à l'atelier "Y a pas de parent parfait" à la Maison des familles et elle nous avait bouleversée lorsqu'elle avait dit que bientôt ses garçons devraient lui dire au revoir. Malgré cette tragédie, ses garçons étaient mignons et elle semblait avoir réussi à être la mère qu'elle souhaitait.

La semaine de son décès, je lui ai trouvée une chaise longue sur Marketplace et elle a été super contente de pouvoir relaxer. Isabelle, Mélanie, moi et Claudia qui passait par là, on a pris le soleil avec elle et c'était vraiment un beau moment. Le soir de son décès, j'ai vu qu'elle m'avait appelée mais je n'ai pas répondu...

Arona m'a dit que c'est triste mourir en HLM, il a toujours été complexé par la pauvreté, moi je trouve pas, elle a été quand même entourée la semaine de son décès et l'aurait peut-être moins été dans une grande maison.


jeudi 16 avril 2026

Remonter

Les épreuves de la vie m’ont appris que je valais pas mieux qu’un drogué, qu’une prostituée, dans le sens qu’on est tous égaux, qu’il y a de la beauté et la capacité de remonter en chacun d’entre nous. Alors je suis remontée.

mardi 7 avril 2026

Révélation

Pour moi, qui comme bien des Français, ai reçu une éducation athée, il est parfois difficile de garder le sens, l'espoir, la foi. Ayant reçu également l'héritage chrétien de ma grand-mère et celui musulman du père de mes enfants, ces questions me passionnent. Je n'interroge et je cherche un sens. Parfois je me prie à ma façon.

Quand nous avons habité à Gaspé, il y avait une très belle église. Elle était ouverte en journée, ce qui est rare au Québec et j'y ai amené les enfants, alors âgés de 4 et 6 ans. En y entrant, ils se sont agenouillés pour faire la prière musulmane. C'était très beau et une religieuse à qui j'ai raconté ça plus tard, a souri. Dieu est partout. Je rêve aujourd'hui d'églises multifonctionnelles qui pourraient servir également de mosquée, comme c'est le cas à Toronto je crois (nous avions vu ça dans une série de fiction). Cette année-là, j'étais en recherche spirituelle et j'ai interrogé ma mère quand elle est venue me voir. "À quel moment tu as perdu la foi?". Je crois qu'on était dans l'église quand je lui ai demandé. "Je l'ai peut-être jamais perdue...". Elle m'a fait cette réponse, surprenante, qu'elle renierait peut-être maintenant, sans me l'expliquer. A-t-elle trouvé une foi athée? A-t-elle des restes de son éducation chrétienne, qu'elle a renié car trop moralisatrice, trop contraignante?

J'ai eu la révélation de Dieu un soir après avoir fumé un joint avec Ameth. Nous étions allés voir une soirée poésie où ma cousine Lise lisait des textes, et à la fin, les comédiens ont demandé au public s'ils voulaient partager des poèmes. Un monsieur âgé a récité Élévation de Baudelaire : "Mon esprit tu te meus avec agilité / Envoie-toi bien loin de ces miasmes morbides". Baudelaire qu'on a tant appris à l'école, qui lui aussi devait en fumer du bon, et qui recherchait Dieu malgré tout. Avec sa voix chevrotante, ce vieux nous récitait ce poème magnifiquement. Et là, au lit avec Ameth, j'ai eu la révélation, Dieu = bon = beau = vrai! Est-ce que l'influence de l'herbe rendait ma révélation caduque? Je ne pense pas. Simplement, mon esprit athée fermé avait besoin d'un coup de pouce, d'une ouverture.
Cette révélation me guide encore. Qu'on soit athée, croyant, polythéiste ou monothéiste, il nous faut rechercher le bien. C'est ce que j'appelle Dieu.

Devrions-nous d'ailleurs voir la vie avec cette dichotomie bien/mal? Je crois que certaines cultures l'entendent autrement. 

Mon père biologique que j'ai rencontré quelques fois seulement, m'a raconté avoir eu la révélation du néant à l'âge de 8 ans. Petit athée précoce. Je savais que ma grand-mère Olga était athée mais la "révélation du néant" me semble quand même extrême. Je crois qu'il est de nature un peu dépressive, et ce néant me semblait porteur de désespoir. Pourtant, croire en rien, ça peut être aussi croire en l'humain, à notre pouvoir personnel, en notre responsabilité, notre libre arbitre. Mais croire en l'humain, en notre pouvoir personnel, n'est-ce pas épuisant, n'est-ce pas trop lourd à porter, quand les croyants peuvent lâcher prise, s'en remettre à Dieu, inchallah, on verra demain, "si Dios quiere"?
Le mal, la souffrance font partie de la vie. Y voir la preuve de la non-existence de Dieu ne me convainc pas, pas plus qu'y voir des épreuves que Dieu nous soumet. Par contre, je crois qu'il faut garder espoir. Et c'est peut-être ça la foi. 

Prier, à genou les mains jointes pour la prière chrétienne ou la tête collé au sol et à travers un enchaînement qui ressemble à la salutation au soleil pour les Musulmans, c'est l'humilité, c'est dire, je m'en remets à toi Seigneur, poussière je suis et poussière je redeviendrai. C'est dire, je ne sais pas de quoi demain sera fait mais chaque jour, j'accomplis ces mêmes gestes.

Cette année, j'ai eu la chance de chanter à l'église. Je l'ai fait avec beaucoup d'humilité et ça m'a permis d'en apprendre plus. Je me suis gardée de critiquer, comme savent le faire les athées. Cependant, quand mon coloc chrétien, m'a dit que toutes les églises d'Alma étaient pleines pour Pâques, je n'ai pas pu m'empêcher de lâcher "ah, parce qu'il y a encore autant de Chrétiens?". Je me suis rendue compte que si je connais assez bien la culture chrétienne, l'histoire de Jésus, etc. j'en connais assez peu sur les traditions chrétiennes. J'ignorais qu'à Pâques il y avait des messes chaque jour, qu'on faisait le chemin de croix et ce qu'était le mercredi des cendres. Et je dois dire qu'à côté du dépouillement de l'islam, les traditions chrétiennes me semblent un peu chargées. Mais je comprends l'importance des rituels, comment ils rythment les saisons et la vie des croyants, combien c'est beau de les avoir sauvegardés et l'importance pour les Juifs de sauvegarder les leurs qui sont encore plus anciens.

dimanche 8 février 2026

L'immigration

Lu sur un groupe facebook d'émigrants/immigrants : "Vous pouvez commencer par une année sabbatique, d’essai. Quand j’ai émigré d’Europe au Canada, je pensais surtout changer de continent. Je n’avais pas réalisé que je changerais aussi de vie conjugale. Mon mariage a échoué.

Émigrer, ça te secoue jusqu’au fond. Ça enlève les couches, les excuses, le confort, et ça te force à voir qui tu es vraiment. Ce n’est pas pour les peureux: tout est à vif, les émotions en plein visage.

Changer de pays, c’est comme changer de job… fois mille. Nouveau système, nouvelles règles, nouveaux codes. Tu dois performer pendant que tu réapprends à marcher.

Émigrer, c’est comme jeter les antidépresseurs à la poubelle. Plus d’engourdissement. Tu ressens tout, fort, brut, sans filtre.

Mais c’est beau et ça réveille."

dimanche 1 février 2026

Rêve 1er février

Je suis dans un grand bâtiment avec plusieurs organismes et on cherche la bibliothèque. On s’est arrêté dans cette ville en se disant on trouvera bien la bibliothèque. On est sur le point de partir quand arrive Elsa la bibliothécaire, genre de bibliothécaire de rue. J’aimerais faire ça un jour.

mercredi 14 janvier 2026

Gratitude

Je retrouve ce texte sur Ameth qui dit tout, notre amour, nos peines, nos incompréhensions.

Aujourd'hui, je suis allée chanter à l'église et la présence des autres me comble le cœur. J'ai essayé d'être plus présente que la dernière fois, plus humble aussi. Cela me donne la nourriture spirituelle qui me manque. Jeannine racontait à Doris qu'elle et son mari vont aux activités des Partag'heures et Doris a dit "moi, mon mari suit pas, chacun fait à sa façon, mais quand les deux veulent la même chose, c'est une grâce." C'est ainsi qu'ils voient la vie, grâce, bénédiction, pardon, pitié, miséricorde, humilité. 

lundi 12 janvier 2026

lundi 22 décembre 2025

Les passants

Vous avez été de merveilleux grands-parents d'adoption pendant quelques années.

Tu as été un merveilleux grand-père le temps que ça a duré.

Vous avez été mes meilleures amies le temps des études.

Mes neveux d’adoption, comme j’ai hâte de vous retrouver un jour et vous dire combien je suis fière de vous.

Les amies perdues.

Soyez heureux. Merci.


J’ai lu L’enfant multiple d’Andrée Chedid et je sais que des bonnes personnes arrivent toujours dans nos vies. A mes amis, mes familles d’adoption, merci.

vendredi 19 décembre 2025

L’ostie

Enfant, j’aimais accompagner ma grand-mère à la messe. Même si c’était parfois long, je regardais la vie de Jésus sur les côtés et je me sentais bien. Par contre j’avais toujours peur de me faire démasquer comme non-baptisée au moment où les gens mangeaient l’ostie.

jeudi 30 octobre 2025

Anna Karénine c'est moi

Voilà, j'ai fini Anna Karénine. Je me retrouve seule avec la mort d'Anna sur les bras, et je ne sais si j'ai aimé la connaître ou si je regrette que Tolstoï l'ai laissée tomber, qu'il nous l'ai moins montrée que Lévine, qu'il ait sauvé Lévine et pas elle.

Et puis? Et si on réhabilitait Anna? Et si elle avait fait valoir ses droits, se soit trouvé des allié.e.s, ait fait appel à un avocat, ai publié dans le journal, ait créé une maison d'hébergement pour femmes? Et si les femmes s'étaient montrées plus solidaires entre elles?


Serge pleurait dans ses bras.

- Maman, reste avec moi, maman...!

- Oui, Serge, mon petit Seriocha, je ne te quitterai plus... Allons, mets ton manteau, nous partons.

Grisée par le bonheur de sentir le petit corps de Serge entre ses bras, Anna se sentit cette audace. Ils arrivèrent au château de Vronski au crépuscule. Serge s'était endormi. Elle essuya les traces de sel que les larmes avaient laissé sur ses joues. Il n'avait point mangé mais elle n'osa le réveiller.

- Portez-le dans ma chambre dit-elle au valet qui venait de sortir.

Vronski parut derrière lui.

- Mais, Anna, que signifie...? Tu sais ce que nous risquons? Karénine va nous poursuivre.

- Suffit, Alexis! C'est assez. Cet enfant a besoin de sa mère. Je mets Anna et son fils sous ma protection.

Une ombre avait paru sur le pas de la porte. Anna reconnut, sans l'avoir jamais rencontrée avant, Mme Vronski. La mère d'Alexis avait le même front haut, le même nez aquilin et la même prestance que lui.

Anna se serait jetée dans ses bras, mais les conventions le lui interdisaient. Cette femme contre laquelle Alexis l'avait mise en garde lui tendait la main. 

Tard dans la nuit, on frappa à la porte. C'était Dolly. ayant su que Serge était ici, elle était accourue.

Anna la serra contre elle. 

- Daria, ma bonne amie, mais, tes enfants? 

- N'aie crainte, la gouvernante veille sur eux, et Stepan est à la maison.

Anna fit préparer une tisane et elle causèrent librement. 

- Quelle injustice, Anna! Stepan me trompe à tour de bras et personne ne le juge pour ça, tandis que toi qui a quitté ton mari pour un homme que tu aimais, tout le monde te calomnie et voudrait te voir séparée de son fils. Il faut que cela cesse! J'ai une amie journaliste, allons la voir demain.

Maria Pavlona était la femme du directeur du plus gros organe de presse de Moscou. Celui-ci lui prêtait son nom pour qu'elle puisse écrire. Lui avait l'argent, elle le talent. 

Le lundi, la lettre d'Anna parut.

"Parce que j'ai voulu vivre en femme libre, on me calomnie, on m'évite. Les hommes eux, peuvent tromper leur femme comme bon leur semble et personne ne les attaque. Il faut que cela cesse. Certes, j'ai commis l'adultère et j'ai quitté mon mari. Je n'en suis pas fière et je regrette la peine que j'ai pu lui faire. Néanmoins, je me suis efforcée d'être sincère. Si je n'ai pas demandé le divorce, c'est parce qu'on m'a menacée de me séparer de mon fils. Je vis à l'heure actuelle dans l'attente d'une solution. Cela fait un an que je suis séparée de mon fils. Quelle mère supporterait cela? Ai-je été une bonne mère? Ce n'est pas à moi de le dire. Mais j'ai fait de mon mieux et la séparation qu'on m'impose est une condamnation bien cruelle. s'il faut me juger, jugez-moi, chères lectrices, chers lecteurs. Il faut que dans ce pays, les femmes s'unissent pour améliorer leur sort et faire régner leurs droits.

Notez que mon malheur est bien peu de choses, en comparaison à la conditions des paysans et paysannes qui travaillent pour nous. Bien qu'ils aient une terre, ils doivent travailler sans relâche, gagnent à peine de quoi se nourrir, ne peuvent s'absenter même pour enterrer leur père et marchent pieds nus. Il est temps que cela change! Je ne prétend pas changer le monde mais si je réclame une amélioration de mon sort, j'en réclame une aussi pour les paysans et paysannes. À partir d'aujourd'hui, nous leur donnerons un salaire décent qui leur permettra de se nourrir, de se chauffer et de se vêtir convenablement, un horaire de travail raisonnable et des congés. c'est bien peu de choses, mais je crois au progrès pour tous.

Le lendemain parut cette lettre d'Olblonski :

- Ma soeur, je suis si fier de toi! On te calomnie et on te piétine mais tu te tiens la tête haute. Voici bien notre Anna Arkadiévitch! Oh, ma soeur, sèche tes larmes, je suis près de toi. Je le confesse aujourd'hui, ce n'est d'ailleurs un secret personne, j'ai trompé ma femme plusieurs fois. Tout le monde le sait et personne ne me jette la pierre. Parce que je suis un homme. Oh Daria, ma tendre épouse, sachez bien que je ne fais pas cette confession pour faire de nous la risée de Moscou mais pour mettre en avant cette injustice. On s'acharne contre Anna et on me laisse faire. Mais le monde est en train de changer. Le mouvement est en marche.

Anna et Vronski allèrent s'installer chez Stepan et Dolly, avec leurs enfants, ignorant ce qu'on disait d'eux, car bien sûr le monde ne changeait pas vite et les mécontents continuaient à critiquer.

Bientôt ils s'en furent tous vivre sur le domaine de Lévine et inventèrent une nouvelle société. Alexis Karénine lui même leur rendit visite et ils trouvèrent un arrangement commun pour leur fils.

mardi 23 septembre 2025

Mini balade en forêt

Balade en forêt sur l’heure du midi, dans le petit bois en arrière de mon boulot. Les couleurs d’automne poppent. La pluie fait ressortir les odeurs.

lundi 8 septembre 2025

Fin d’été

L’automne c’est la saison des couleurs, mais la fin de l’été l’est aussi. Je suis dans un de ces champs qu’on trouve en bordure de la ville, par un huit septembre, et les bleus, les mauves, les roses poppent à travers les champs.

J’arrive au pavillon des loisirs de Delisle et ça ressemble à une maison de quartier, les activités culturelles en moins. Pas mal de jeunes regroupés là.

Je marche pour retourner chez nous, et tu vois, autant le vélo, c’est sympa, ça permet de voir plus de choses qu’en voiture, autant la marche, ça permet de voir encore plus de choses.

Si je devais rentrer en France, comme je le souhaite, il faudrait que je prenne tout ça en photo, pas une photo photo car je n’ai aucun talent pour ça, mais une photo de texte comme je le fais ici. À gauche quand on passe sur le pont d’île maligne, il y a la rivière, la grande décharge, un nom non parce que c’est un dépotoir, mais parce que l’eau se décharge ici, le barrage, le barrage hydroélectrique, le l’axe se décharge ici. C’est une rivière donc mais une rivière comme au Québec, c’est-à-dire un fleuve bordé de conifère. On est donc à Alma, mais c’est déjà la grande nature à droite, le barrage hydroélectrique et la centrale, il maligne qui fonctionne avec la chute d’eau, une grande chute d’eau, comme tu peux en avoir au Québec ou ce déverse le lac. Ai-je bien compris la patente? Si tu veux en savoir plus, va visiter l’odyssée des bâtisseurs, le musée de l’hydroélectricité et de Rio Tinto. 

lundi 1 septembre 2025

Lire Anna Karénine

Lire Anna Karénine - en livre audio parce que j’avais pas envie de lire un bouquin- et se laisser emporter tout à fait. Sur la plage de Dam’en terre pas possible d’aller me baigner parce qu’Anna a besoin de moi. Emportée par cette passion  cette maudite passion, qui me consuma tout à fait à plusieurs reprises, la voir elle cette femme si simple et si droite tomber dans le panneau et sentir qu’elle a besoin de moi pour poursuivre ma lecture et la comprendre.

mercredi 27 août 2025

À la garderie

Les dames de la garderie mettent les enfants en file pour les faire rentrer. « Les renards d’abord, toi t’es un loup ma chouette ». 

lundi 25 août 2025

La banane

 Je dois avoir 8-9 ans, j'imite Coluche devant ma mère. Un sketch que j'ai vu la veille, la banane. Je suis drôle. Dehors, un mec passe et crie"la banane, alllumeuse!". J'ai seulement 8 ou 9 ans.


Je suis sur la plage en train de gonfler mon paddle. Le voisin, qui est là aussi, crie en rigolant : "pompe, allez, pompe". 


C'est ça être une femme.