On arrive à Québec un soir d'été. Ameth et Robert ont fait le déménagement. Comme d'hab, je les regarde porter en aidant mollement. Je m'occupe des enfants. On arrive le soir et y a un dégât des eaux dans le logement. Y en aura d'autres des dégâts des eaux. Mais quand ça arrive Irenée, la propriétaire, nous fait toujours le mois gratis. Quand on arrive les enfants sont épuisés. Elle nous dit «venez, venez». Je sais plus comment ça s'est passé. Sûrement qu'on a pris le café avec la crème à la noisette. Les enfants tombaient de sommeil alors on les a couchés en haut. Lucas, son petit-fils qui a l’âge d’Arona, dormait déjà. Je découvre un intérieur tout bordélique, avec des vieux meubles, un piano et un espace de jeu pour les enfants avec une cabane en bois. Y a aussi Véro. Elle est handicapée, c'est la fille d'Irénée et Luca est son fils. Voilà. J'apprends vite tout ça. Puis on rencontre, Oscar, le grand-père. J'apprendrai plus tard qu’Irenée a divorcé à 70 ans après avoir vécu la violence conjugale On arrive à Québec un soir d'été. Ameth et Robert ont fait le déménagement. Comme d'hab, je les regarde porter en aidant mollement. Je m'occupe des enfants aussi. On arrive le soir et y a un dégât des eaux dans le logement. Y en aura d'autres des dégâts des eaux. Mais Irenée nous fait toujours le mois gratis. Quand on arrive les enfants sont épuisés. Elle nous dit «venez, venez». Je sais plus comment ça s'est passé. Sûrement qu'on a pris le café avec la crème à la noisette. Les enfants tombaient de sommeil alors on les a couchés en haut. Lucas dormait déjà. Je découvre un intérieur tout bordélique, avec des vieux meubles, un piano et un espace de jeu pour les enfants avec une cabane en bois. Y a aussi Véro, que je rencontre. Elle est handicapée, c'est la fille d'Irénée et Luca et son fils. Voilà. J'apprends vite tout ça. Puis on rencontre, Oscar, le grand-père. J'apprendrai plus tard qu'Irénée a divorcé à 70 ans après avoir vécu la violence conjugale. Un jour, elle a dit ça suffit. Il lui en a fait baver pendant le procès, réfutant bien sûr la notion de viol conjugal et ne comprenant pas en quoi un père contrôlant est une mauvaise chose. «On avait pas droit de parler à table». Mais au moins elle est restée dans la maison. Maintenant ils sont amis. Il vient souvent chez elle, «mais s'il va trop loin, je lui dit "la porte est ici"». Ça fait qu'elle a tout de suite vu ce qui se passait entre moi et Ameth. C'est pas elle qui l'a inventé ni mis de l'huile sur le feu. C'était déjà là depuis longtemps et à Gaspé, Maria m'avait raconté son ex qui foutait rien alors qu'elle élevait ses enfants en bas âge, leurs projets bohème quand ils étaient ensemble au Brésil et son sentiment d'être devenue une boniche au Québec.
Bref, on a passé la nuit chez Irenée, et évidemment le matin, elle nous a reçu avec un bon petit déjeuner. La table était mise. Après, on l'a connu de plus près. Elle était notre propriétaire, voisine et amie. Quand on avait des dégâts des eaux ou autres problèmes, elle nous faisait le mois gratuit. Elle gardait les enfants souvent, c'était pas pour lui déplaire, Luca venait jouer souvent aussi. Elle était contente d'avoir des locataires gentils et cultivés comme nous. On était contents d'avoir une proprio-voisine-amie non matérialiste qui aimait chiller autour d'un bon café. Les années ont passé comme ça simplement. Irénée avait inscrit Luca à des cours de violon, piano et karaté. Nous on zappait un peu d'une activité à l'autre, pas vraiment certains de vouloir en faire des virtuoses. Qu'importe, ils n'ont pas été malheureux et ont développé le goût des arts pareil, sûr que le modèle de Luca les a inspirés pareil. Mais surtout, ils déconnaient bien tous les trois, ils se sont connus de 5 à 8 ans pour Olga, 7 à 10 ans pour Arona, la complicité d'un petit voisin avec qui ont rigole, on fait des conneries, on lâche son fou. On aurait pu rester plus longtemps mais c'était déjà pas mal. Et ils ont connu aussi une «abuela» comme ils appelaient Irénée au bout d'un moment. Je ne sais ce qu'est devenue cette abuela aujourd"hui, je l'appelais pour la bonne année, pas tant sûre de moi, après tout c'était notre proprio. Mais elle était toujours contente de nous voir. On voyait Luca grandir et Véro parfois arrêter de fumer, parfois reprendre.
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