lundi 20 juillet 2020

Rêve 9 juillet 2020

Je marche dans les rues de Paris. Des gens font des danses chaotiques, comme des tremblements, comme agités de soubresauts involontaires. Je demande à quelqu’un : vous êtes-vous concertés ou c’est spontané? Il me dit non, c’est spontané mais heureusement qu’il y a pas de violence. Et là l’autre à côté sort un couteau.

lundi 20 avril 2020

J'ai tout oublié

J'ai tout
J'ai tout
J'ai tout oublié.
En revoilà
En revoilà
En veux-tu en voilà.
Déjà
Déjà

J'ai tout
J'ai tout
J'ai tout oublié.

C'était quoi déjà?

Voilà

J'ai tout oublié

J'ai tout
J'ai tout
J'ai tout oublié.
En revoilà
En revoilà
En veux-tu en voilà.
Déjà
Déjà

J'ai tout
J'ai tout
J'ai tout oublié.

C'était quoi déjà?

Voilà

mardi 11 février 2020

Regarde-moi bien

Regarde-moi bien, qu'est-ce que tu me veux? Qui tu es pour me parler comme ça? T’ai-je attendu pour faire ce que j'avais à faire?

vendredi 10 janvier 2020

Rêve nuit du 9 au 10 janvier 2020

Un chien noir et blanc, de taille moyenne. On est à table, et le chien se met debout. Je me dis qu'il va faire son tannant, nous sauter dessus. Mais non, il veut juste se mettre debout pour nous montrer ce qu'il sait faire. Après il se met debout sur la table et tourne. C'est un peu triste en fait parce que je comprend que c'est genre un chien de cirque à la retraite et qu'il a un besoin de reconnaissance mais là dans la salle à manger c'est un peu malaisant.

jeudi 13 juin 2019

Textes lus à l'anniversaire d'Accès conditions de vie


David B. (j’ai été bénévole auprès de demandeurs d’asile 3 ans en France)

David B. arrive de Géorgie. Il a quitté son pays et est venu en France demander l'asile. Il se tient avec Soslan, Vanda et un autre monsieur dont j'ai oublié le nom. Il serait l'oncle de Soslan. Je dis "serait", car, comme la plupart des demandeurs d'asile que je rencontre à Alter-Egaux, je ne suis jamais sûre qu'ils disent la vérité. Difficile empathie, confiance, à l'égard de gens qui ne parlent pas ma langue, ne sont pas de mon pays. L'altérité. Les étranges comme on dit au Québec. Aujourd'hui c'est moi l'étrange.
Pourtant, pourquoi viendraient-ils ici? Pour manger le pain des Français? Je peux vous dire pourtant que pendant les années où j'ai cotoyé David, il n'a eu qu'une vie entre parenthèses, une sous-vie. Je peux te dire que, quelque soit le récit que me faisaient ces gens, parfois peut-être ajustés dans le but de plaire à l'OFPRA (office français de protection des réfugiés et apatrides), de rentrer dans les cases (réfugié politique est plus légitime que réfugié économique), il y avait des visages qui en disaient long, d'une extrême gravité ou d'une extrême lassitude. Il y avait ce monsieur algérien qui par trois fois, envoya une enveloppe vide à l'OFPRA, peut-être trop de choses dans la tête pour réussir à envoyer ce maudit dossier...
David venait d'arriver de Géorgie. Lui et sa famille m'ont fait le récit que j'ai écrit pour l'OFPRA, grâce à Soslan, jeune homme de seize-dix-huit ans qui faisait office d'interprète pour sa famille. Même si la télévision parlait des événements en Géorgie, leur récit n'était pas assez convaincant, faut-il croire, ou leur profil pas assez séduisant, surtout celui de David, homme fatigué, maigrichon dans la cinquantaine, non francophone de surcroît. À leurs débuts, ils nous ont invités à manger, moi et Ameth, un soir. Modeste souper qui devait représenter beaucoup pour eux, accompagné de vodka comme au pays. Ameth et moi mangions du bout des lèvres, comme si on nous avait offert des doubitchous dans Le Père Noël est une ordure.
Aujourd'hui c'est moi l'étrange mais la moins étrange des étranges au Québec... La maudite française peut-être mais sans plus, je bénéficie de préjugés favorables parce que je parle français, que je suis blanche et non musulmane...
Quelques mois plus tard, Soslan faisait des affaires sur la place de la République, des affaires louches, certes, mais qu'aurait-il pu faire d'autre? Les demandeurs d'asile n'avaient (en tous cas à l'époque) pas le droit de travailler. Juste le droit de toucher les aides, assez maigres, qui malgré tout pouvaient servir pour aider la famille là-bas. Et, aberration, les demandeurs d'asile allaient chercher leur aide à l'Assedic, là où les chômeurs allaient chercher leurs prestations. Les "bons français" voyaient alors de longues files d'immigrants et s'imaginaient peut-être (ou peut-être pas d'ailleurs...) qu'ils venaient en France juste pour toucher les aides, sans savoir qu'ils n'avaient pas le droit de travailler.
Quelques années après, j'ai revu David. Il me dit qu'il sortait de prison. Je n'ai pas voulu savoir pourquoi et de toutes façons son français était encore limité. On est simplement allés prendre un café.

  

Solitude

Dans un article du journal du café, Jean parlait de la solitude « subie » et de la « solitude « choisie ». J’aime la solitude choisie, quand les enfants sont chez leur père une fin de semaine et que je choisis de rester chez moi tranquillou avec un bon bouquin.
Mais la solitude subie est souvent présente. En France, ma famille (oncles et tantes, enfants, petits-enfants) compte une cinquantaine de personnes, très unies, et bien que j’ai 3 merveilleux enfants, ma grande famille me manque souvent.

Ici, ça prend du temps. Après 9 ans, j’ai un bon réseau mais je parle volontiers de ce sujet, la solitude, parce que je sais que ça touche d’autres gens que moi, que ça en tue certains. J’aurais pu y passer moi aussi. Mais j’ai trouvé la force, des gens qui m’ont tendu la main, la volonté de voir des intervenants au bon moment. Mais autant que d’intervenants, on a tous besoin d’entourage. C’est ce qu’on trouve au café l’Accès.

Étant timide de nature, je ne suis pas très bonne pour socialiser, ni pour demander de l’aide. Mais le fait d’être immigrante a forgé mon caractère, m’a donné envie d’aller vers les autres. J’ai en ce moment une équipe de travail merveilleuse, les gens du café, qui sont définitivement une grande famille, quelques amis, le Collectif des femmes immigrantes, mon équipe des Caf’arts… Et j’arrive de plus en plus à transformer la solitude subie en solitude choisie, ou à être capable d’aller vers les autres quand j’ai envie d’être entourée. D’être là pour les gens qui en ont besoin. Parce que quand quelqu’un va mal, il a pas toujours envie que tu le renvoies vers un intervenant, il a aussi besoin de vrais rapports humains. C’est ce que je trouve au café l’Accès.



samedi 5 janvier 2019

Comment je suis devenu cannibale, de François Gravel

Ah, la lecture, quelle belle compagne! D'autant plus heureuse d'être en belle compagnie quand je sèche au niveau de l'écriture.
Les filles modèles, tome 1 : Guerre froide par PotvinDébut décembre, j'ai dévoré 3 romans de Michelle Marineau, que mon fils étudiait en classe. J'ai eu un coup de cœur pour La route de Chlifa et j'ai voulu en lire d'autres. J'aime sa façon de décrire le ressenti de ses personnages. Là, je viens de lire Les filles modèles de Marie Potvin, et moi qui n'accroche généralement pas sur les romans pour fille que lis ma fille, j'ai trouvé celui-là bien écrit, drôle, enlevé! J'ai hâte de lire la suite.
Comment je suis devenu cannibale : l'histoire d'une histoire - François GravelEt puis, comme pour faire écho à ma panne d'écriture, moi qui me demande tout le temps comment écrire un roman, voilà que je commence Comment je suis devenu cannibale de François Gravel, qui bien mieux que d'autres conseils d'écrivains, nous explique comment écrire un roman de façon organique en nous invitant dans son processus d'écriture dans une histoire de restaurant étrange. Je vous avais déjà conseillé un livre de conseils d'écriture, Premier roman mode d'emploi de Laure Pécher, mais celui de François Gravel est bien plus intéressant, il prend plaisir à l'écrire et on prend plaisir à le lire, c'est déjà une histoire. À chaque étape de son histoire, il essaie toutes sortes de variations, corrections, nous montrant comme le processus d'écriture prend du temps mais que c'est aussi un jeu. En plus, j'apprend que François Gravel est le mari de Michèle Marineau!

Ça me redonne le goût d'écrire et ça le donnera sûrement à d'autres!






vendredi 5 octobre 2018

Probablement

chanson interprétée le 5 octobre 2018 à la soirée Caf'arts

Car c'est probablement probablement probablement ça
probablement probablement ça

Un sourire qui coule à flot
Une fleur tombée sur l'eau
Des paroles plus que des mots

Audio : https://drive.google.com/drive/my-drive

La chanson est en bas de la liste, les autres enregistrements c'est un feuilleton radio écrit en 2010...







samedi 8 septembre 2018

Le Caf'art (texte écrit pour les soirées Caf'arts)

J'ai l'Caf'art
comme une envie d'pleurer
qui reste bloquée.
J'ai l'Caf'art
pas envie d'me lever
juste rester coucher.
J'ai l'Caf'art
pu capab' de rêver
juste attendre sans bouger.
J'ai l'Caf'art
rien à foutre de l'hiver
rien à foutre de l'été
J'ai l'Caf'art
juste envie d'arrêter
pas envie d'continuer
J'ai l'Caf'art
alors je viens exorciser
devant vous me confier.

Rêve août 2018

Je suis dans un aéroport, tout petit. On nous dit de monter à l'étage. Il n'y a pas assez de place. On essaie de rentrer mais on n'y arrive pas tous.
Quand les secousses commencent, je suis au rez-de-chaussée, tassée contre la vitre. Le tremblement de terre dure trois, quatre secondes. Quand ça s'arrête, je suis heureuse d'être indemne. Puis je regarde mon corps, je le palpe et je m'aperçois que ma tempe saigne, que ma gorge saigne, que ma poitrine saigne. Je me rends compte qu'il s'agit d'un rêve. Pourtant je n'arrive pas à me réveiller. Je sens une douleur en moi, peut-être bien réelle, celle-là. Suis-je en train de mourir?
J'arrive finalement à me réveiller.

jeudi 30 août 2018

Rêve juin 2018

Je suis en avion avec Olga. Près de nous arrive un avion de chasse. Puis trois. Puis neuf, puis des milliers. Le ciel en est couvert. Ils sont noirs. Noirs comme du pétrole. Leur fuselage est en pétrole dégoulinant, bouillonnant.
Quand nous arrivons, nous nous réfugions dans un hôpital. Nous nous cachons derrière un meuble, le mieux possible.

Jalousie maternelle


- Salut. Est-ce qu’Ada est là?
- Non, Adama n’est pas là. Elle est avec des chums.
- Je suis son seul chum. Je suis ses chums.
- Elle est sortie.
- Je ne crois pas.
- Elle est occupée.
- Laissez-moi rentrer.
- Non, Alexandre Elle n’a pas envie de te voir.
- Je crois que si.
- Alexandre!
- Salut Ada.
Ils se sont enfermés dans la chambre et ne sont ressortis que quelques minutes le soir pour prendre à manger avant de retourner dans la chambre.
Ah oui, ils sont bien comme ça pour le moment, mais ce temps passera et elle reviendra passer du temps avec moi. Parce que tu m’entends Alexandre, des chums, y en a des milliers mais une mère, elle en a juste une!

lundi 2 juillet 2018

Rêve 24-01-2013 – avec ajouts romancés


Nous sommes une grande famille : j’ai quatre oncles et quatre tantes, mon père est le deuxième.
La plus jeune de ses sœurs, Marie, réside en ville avec son mari, Philippe, et leurs deux filles, Émilie et Sophie.
La semaine passée, ils étaient partis dans un grand parc naturel proche de la ville. C’était un nouveau parc aménagé pour protéger les ours bruns, qui commençaient à proliférer dans la région. Le parc permettait aussi à la population de les découvrir et d’apprendre à s’en protéger.
A l’entrée du parc, un centre d’interprétation donnait d’amples explications sur la vie des ours ainsi que sur leur installation dans le parc. On donnait aussi des consignes pour se tenir à distance respectueuse des ours, qui pouvaient être dangereux, et comment éviter de les attirer en ne laissant pas traîner de nourriture et en faisant toujours du bruit pendant la promenade.
C’est pourquoi, après une après-midi dans le parc, la famille de ma tante n’avait toujours pas vu d’ours.
Les parents n’avaient pas trop insisté sur la possibilité d’en voir, ne voulant pas occasionner de déception chez les fillettes et ils s’étaient arrêtés pour jouer dans une installation pour les enfants en plein bois. Un des jeux, fait de cordages, consistait à se lancer un palet par un système de poulies. Marie et Émilie s’amusaient follement à ce jeu, le faisant aller de plus en plus vite, quand soudain, Émilie disparut. Elle n’avait pas vu que, derrière elle, un ours avait surgi. Elle s’était alors transformée en ours.
La famille n’avait pas vu ce qui s’était passé. Le drame s’abattit sur eux et des recherches de police suivirent, sans succès.
Émilie, elle était devenue ours et avait continué sa vie ainsi, sans mémoire du passé.
Quelque temps après, alors que les recherches s’étaient avérées infructueuses, Marie retourna seule dans le parc, aux mêmes jeux où ils s’étaient arrêtés et se retrouva elle aussi transformée en ours.
Retrouva-t-elle sa fille ou non, nul ne le sait car alors la filiation ni la mémoire filiale ne comptait plus, elles étaient des ours, vivant au jour le jour, cherchant à satisfaire leurs besoins primaires.