jeudi 30 août 2018

Rêve juin 2018

Je suis en avion avec Olga. Près de nous arrive un avion de chasse. Puis trois. Puis neuf, puis des milliers. Le ciel en est couvert. Ils sont noirs. Noirs comme du pétrole. Leur fuselage est en pétrole dégoulinant, bouillonnant.
Quand nous arrivons, nous nous réfugions dans un hôpital. Nous nous cachons derrière un meuble, le mieux possible.

Jalousie maternelle


- Salut. Est-ce qu’Ada est là?
- Non, Adama n’est pas là. Elle est avec des chums.
- Je suis son seul chum. Je suis ses chums.
- Elle est sortie.
- Je ne crois pas.
- Elle est occupée.
- Laissez-moi rentrer.
- Non, Alexandre Elle n’a pas envie de te voir.
- Je crois que si.
- Alexandre!
- Salut Ada.
Ils se sont enfermés dans la chambre et ne sont ressortis que quelques minutes le soir pour prendre à manger avant de retourner dans la chambre.
Ah oui, ils sont bien comme ça pour le moment, mais ce temps passera et elle reviendra passer du temps avec moi. Parce que tu m’entends Alexandre, des chums, y en a des milliers mais une mère, elle en a juste une!

lundi 2 juillet 2018

Rêve 24-01-2013 – avec ajouts romancés


Nous sommes une grande famille : j’ai quatre oncles et quatre tantes, mon père est le deuxième.
La plus jeune de ses sœurs, Marie, réside en ville avec son mari, Philippe, et leurs deux filles, Émilie et Sophie.
La semaine passée, ils étaient partis dans un grand parc naturel proche de la ville. C’était un nouveau parc aménagé pour protéger les ours bruns, qui commençaient à proliférer dans la région. Le parc permettait aussi à la population de les découvrir et d’apprendre à s’en protéger.
A l’entrée du parc, un centre d’interprétation donnait d’amples explications sur la vie des ours ainsi que sur leur installation dans le parc. On donnait aussi des consignes pour se tenir à distance respectueuse des ours, qui pouvaient être dangereux, et comment éviter de les attirer en ne laissant pas traîner de nourriture et en faisant toujours du bruit pendant la promenade.
C’est pourquoi, après une après-midi dans le parc, la famille de ma tante n’avait toujours pas vu d’ours.
Les parents n’avaient pas trop insisté sur la possibilité d’en voir, ne voulant pas occasionner de déception chez les fillettes et ils s’étaient arrêtés pour jouer dans une installation pour les enfants en plein bois. Un des jeux, fait de cordages, consistait à se lancer un palet par un système de poulies. Marie et Émilie s’amusaient follement à ce jeu, le faisant aller de plus en plus vite, quand soudain, Émilie disparut. Elle n’avait pas vu que, derrière elle, un ours avait surgi. Elle s’était alors transformée en ours.
La famille n’avait pas vu ce qui s’était passé. Le drame s’abattit sur eux et des recherches de police suivirent, sans succès.
Émilie, elle était devenue ours et avait continué sa vie ainsi, sans mémoire du passé.
Quelque temps après, alors que les recherches s’étaient avérées infructueuses, Marie retourna seule dans le parc, aux mêmes jeux où ils s’étaient arrêtés et se retrouva elle aussi transformée en ours.
Retrouva-t-elle sa fille ou non, nul ne le sait car alors la filiation ni la mémoire filiale ne comptait plus, elles étaient des ours, vivant au jour le jour, cherchant à satisfaire leurs besoins primaires.

mardi 22 mai 2018

Si j'avais su que je mourrirai

Si j'avais su que je mourrirai,
j'aurais préparé ça
j'aurais fermé le bardas
j'aurais dégagé le bordel

Si j'avais su que je mourrirai
j'aurais aimé à en mourir
chanté à tue-tête
vécu à en crever

j'aurais réglé l'addition
terminé mon café
passé l'éponge

Si j'avais su que je mourrirai
j'aurais haï ça
envoyé s'faire foutre
m'en câlicer en tabarnak

Si j'avais su...
j'aurais pas v'nu.


mercredi 11 avril 2018

Au bord du ciel

Tu as grandi dans une fleur
Ton amie t'a poussée jusqu'au bout du monde
Au bord du ciel la terre est ronde
Les nuages s'aplatissent pour laisser passer les cimes
Les nuits raccourcissent et le aurores sont infinies
Tes pas te portent encore plus loin
C'est rien juste un matin
à parler de tout et de rien
Regarde encore l'étendue sauvage
Elle attend que tu la regardes
Bois ce lac et saute dans ces bois
Plonge dans les ruisseaux, glisse tes orteils
dans les blés
Caresse la foule du vent
qui te ris au visage
C'est silence ce jour
Les cils te tendent la joue
Tu vis encore un peu jusqu'à la nuit
T'endors jusqu'au matin
Les rêves poursuivent
la claque du temps.

vendredi 9 mars 2018

Jennifer 5

En sortant de la gare routière, un homme chante "La folie en quatre" de Daniel Bélanger. Elle reste pour écouter toute la chanson puis laisse un billet de cinq dollars à l'homme. C'est si beau et si bien chanté.

samedi 3 février 2018

Pour bébé Ham notre regretté hamster

Tu fais ton nid avec un peu de paille, quelque plumes pour la douceur, tu t'enfouis dedans, tu te mets en dormance. Tu rêves. Tu rêves que tu rêves. Tes rêves t'appelles. Tu te réveilles parfois pour boire ou manger un peu puis tu replonges. Ton corps s'est amolli. Tu es dans ta tête. Seul ton sexe parfois se rappelle à toi. Tu as oublié les émotions. Léthargie bienfaisante du temps d'hiver. Avant de revivre.

La panne

Alors comment on résout la panne d'écriture quand on n'a plus de jus pour cette ébauche de roman et qu'on ne sait plus où elle s'en va Jennifer? Quand on n'a plus de poèmes en stock parce que les seuls qui te plaisent vraiment sont ceux que tu as écris à vingt ans et que tu ressers, indéfiniment? Comment tu faisais à vingt ans, hein? Ben oui, l'écriture automatique, la spontanéité, le train, le bus, la marche... le mal de vivre...
Mais trêve d'autonarcissisme, tu as passé l'âge et le monde n'est pas venu là pour ça. Tant qu'à ça lance-toi dans de l'écriture automatique, comme dans les soirées slam, tu présentes, même si tu n'assumes pas tout. Au pire, ça donnera au monde l'envie d'en faire autant.


vendredi 26 janvier 2018

Jennifer 4

Elle se massa légèrement la nuque pour enlever la tension accumulée par la mauvaise posture et se rapprocha de la porte. L'autobus arriva. Elle alla s'asseoir au fond. Une jeune femme, deux ou

mercredi 24 janvier 2018

Jennifer 3

Le lendemain, elle fut réveillée par le bruit du chauffeur qui était déjà levé. Elle s'aperçut qu'ils ne s'étaient même pas présentés. 
- Tu es déjà levé?
- Oui, j'aime regarder le jour se lever. 
- C'est quoi ton prénom en fait?
- Andrew. Et toi?
- Jennifer.
Elle vint s'asseoir à côté

Portraits : Mady-Hawa T.

Mady-Hawa T., jeune homme de dix-sept-dix-huit ans. Il vient d'arriver à Laval et on remplit ensemble sa demande d'asile pour l'OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides). Il sourit tout le temps et a l'air d'avoir un enthousiasme indéfectible. Quand je lui pose les questions habituelles, il me fait les réponses habituelles. Ethnie : diakhanké. Langue : diakhanké. Il répond avec une fierté telle que je lui pose des questions sur les Diakhankés. Pourtant, la plupart des Guinéens à Laval sont diakhankés. La plupart des demandeurs d'asile guinéens qui arrivent à Alter-Égaux semblent s'excuser d'être diakhankés car ils savent que les Guinéens sont devenus des indésirables à Laval. Même les Sénégalais s'en plaignent et craignent d'être pris pour des Guinéens. 
Mais Mady-Hawa, lui, a cet enthousiasme indéfectible.

mardi 23 janvier 2018

Youtoubeuse

Un projet fou comme ça, parmi mes projets fous et inaboutis faute de temps ou... de persévérance :
faire des vidéos youtube humoristiques.
Voilà quelques projets de sketchs, avec la ponctuation imprécise, parce que c'est à préciser en les jouant. Si le projet vous intéresse et que vous avez des talents en vidéo et en média sociaux, ou juste l'envie de m'aider, contactez-moi !



Youtoubeuse

Trop vieille
Quand j’ai dit à mes enfants « Je vais être une youtoubeuse », ils m’ont dit « t’es trop vieille maman! »
Bah j’ai dis oui

Route 132

Souvenirs d'une année particulière, mon année en Gaspésie, où, immergée en milieu bilingue, je me risquai à écrire en anglais... N'hésitez pas à souligner mes fautes, mais j'aime à imaginer qu'il se dégage peut-être de cet anglais sommaire, une poésie naïve...

While I'm driving I see some moose eating the fresh grass growing in front of the wood. Behind the is a deep wood, as deep as an ocean. The moose enter in the wood and then it disapear. Where is it gone? No one knows. I'm driving to the Gaspésie and I leave it in its wood. I won't return the anymore, I'm just driving, keeping y eyes on the road.
Sometimes I feel tired, I feel like sleeping. Now the night has fallen. The stars are lighting in the sky. Ican see a thin pale moon. I open the window and put my arm on the left side. I can feel the air and some fuckin flies singing the little songs with the wind. Everything is calm. The trucks are driving slowly. I can see theirs lights, the beautiful cabines and inside the big red face of the driver, smiling to the stars or to the woman's picture standing over them as a christ icone. I'm driving. I feel some melancholy thinking about what I'm leaving and also hapiness thinking what I will find.

samedi 20 janvier 2018

Martha Argerich

C'était quand je vivais en France. J'avais une rencontre à la bibliothèque et j'étais rentrée vers vingt-deux heures. Sur la route, j'écoutais France Musique et juste en arrivant chez moi, ça passait Martha Argerich, la pianiste préférée de Baddredine. J'avais mis la radio à fond. J'essaie de faire un créneau entre deux autos, et comme ça ne passe pas, je vais me garer plus loin sur le grand stationnement à côté. 
Le lendemain, Angel, la blonde de Bad, m'appelle et me dit "t'es rentrée dans notre voiture?". Moi : "bah non..." Elle : "Ne dis pas non, la voisine t'a vue."
Et là, j'ai compris que ça devait être vrai, je n'en n'avais ni contre elle ni contre la voisine, je suis du genre à laisser mes coordonnées quand j'emboutis un autre véhicule, mais avec la musique à fond, je n'avais tout simplement pas remarqué que j'étais rentrée dans leur auto ! 
Quand je suis allée voir Baddredine et Angel pour m'arranger avec eux, je dis à Bad : " Tu comprends Bad, Martha Argerich !" Il a compris bien sûr ! Et j'ai payé le phare cassé.

vendredi 19 janvier 2018