lundi 1 janvier 2024

Thérapie

J'ai pour seule thérapie

un couteau à lame effilée

Parfois je le plonge dans mon coeur

bien profondément 

et je le ressors pour contempler le sang.

Quatuor à corde opus 121 en mi mineur, andante, Gabriel Fauré

Amoureuse depuis 8 mois, je me suis fait une playlist de musique classique "Émotions" pour déverser mon cœur quand il est prêt à éclater. Mon morceau préféré est sans nul doute celui-ci qui peut illustrer autant les émotions amoureuses que celle de la vie en général.

Il y a dans ce morceau, toute la complexité de la vie. La douceur du bonheur, mais la sourde angoisse. Les humeurs changeante et la mélodie du thème principal qui avance pareil, encore et encore. Le cœur ouvert aux émotions, qui se donne. La vie est fragile, l'instant aussi. Parfois ça déraille. Parfois tout se réajuste parfaitement. 

Gabriel Fauré: Quatuor à cordes en mi mineur, Op. 121 (Quatuor Ysaÿe) (youtube.com)

Soir

La lune, les étoiles, le ciel, tout flamboie pour toi. Dors bien o mon aimé.

Fantasy médiévale

Le village avait été mis à feu et à sang. Lara s'était sauvée vers la forêt dès qu'elle avait vu les barbares arriver. Les massacres avaient duré sept jours et sept nuits. Lara avait entendu les cris d'horreur.

Elle retournait maintenant sur les lieux de désolation. Lara avait marché jusqu'à sa maison. En traversant le pont de bois, elle avait vu la rivière couler rouge. Depuis le pont, elle apercevait le village. Les maisons étaient saccagées. La terre aussi s'était teintée de rouge. L'église brûlait. Elle marcha les quelques kilomètres qui la séparait du village, dans la hâte et l'estomac noué. A mesure qu'elle approchait, elle constatait combien le silence était assourdissant. Des corps jonchaient le sol. Le premier qu'elle vit de près était celui du meunier, empalé sur son moulin. Elle se signa. Plus loin, la famille Bonavent, tous morts, parents et enfants. D'autres enfants qu'elle connaissait mais dont elle ne pouvait dire les noms. L'institutrice. Galven,  Elvina,  Ramata, Patri, Runa, Panir, Munib, Darina, Elora, Sina, Raja... Des corps, des corps, des corps...

Et puis... l'impensable. Ses frères, sa mère, son père. Morts. Tous morts. Elle s'était agenouillée pour baiser leur front. Même si leurs visages étaient déchiquetés, elle les reconnaissait et voulait les saluer une dernière fois. Elle reviendrait à la nuit tombée enterrer leurs corps. Elle s'approcha d'une charrette où était étendu un bébé mort. Quels humains pouvaient s'en prendre ainsi à des hommes, des femmes, des enfants, et même des nouveaux-nés? Le bébé était desséché. Ses orbites étaient deux grands trous noirs. Sa peau était celle d'un vieillard. Le linge qui l'enveloppait était rouge. Lara allait recouvrir le visage du petit être lorsque celui ci se mit à bouger. La bouche ridée tressaillit, les yeux s'ouvrir et deux grands yeux effarés fixèrent Lara. Celle-ci resta un moment comme paralysée à fixer le petit-être avec les mêmes yeux effarés. Puis son instinct de protection lui enjoignit de prendre l'enfant. Ses bras l'enveloppèrent et elle le serra contre sa poitrine. L'enfant se mit aussitôt à essayer de téter. Elle souleva sa chemise et sortit un sein. L'enfant se mit à essayer de boire, alors que les seins étaient secs, avec une telle avidité que le sein se mit à saigner. Lara sentit à peine la douleur tant elle était bouleversée par la rage de vivre qui agitait ce petit corps. Et puis, enfin, le lait jaillit, d'abord une goutte, mêlée de sang, puis davantage. Lara s'assit sur la charrette et regarda l'enfant boire. Les larmes coulèrent sur son visage et sur l'enfant. La tristesse du deuil, l'émotion de cette maternité naissante. 

- Bienvenue ma belle. Je ne connais pas ton nom mais tu t'appelleras Espérance. 


Lara avait lavé le bébé, lui avait cousu un vêtement et l’avait habillée. Puis, elle s’était couchée, épuisée, l’enfant à côté d’elle. La nuit, l’enfant s’était réveillé et avait hurlé.

- Rendors-toi, bébé, rendors-toi.

Elle n’avait jamais côtoyé de bébé et n’avait pas pensé qu’Espérance avait besoin de boire. Mais la petite avait déjà commencé à téter sa tunique et  Lara avait compris. Elle avait soulevé sa tunique et l’enfant s’était abreuvé. Toutes deux s’étaient rendormies d’un lourd sommeil.

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Espérance grandit auprès de Lara. Celle-ci la nourrit au sein pendant ses deux premières années, puis elle lui enseigna la cueillette, la petite chasse et la trappe. Elles étaient retournées vivre au village qu'elles avaient occupé seules les deux premières années, puis des voyageurs s'y étaient arrêté et avaient pris possession des maisons. Après deux années à vivre seules, cette compagnie fut un peu étrange au début, surtout pour Espérance qui n'avait jamais connu aucun être humain que Lara. Mais elle fut aussi appréciée et Espérance se lia rapidement d'amitié avec les enfants. Les adultes étaient une famille constituée de quatre frères et sœurs. 

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Espérance avait 7 ans lorsqu’elle se rappela pour la première fois de ses parents. Galvin, le voisin, avait ramené du village un poignard. Il affûtait la lame et Espérance était resté à le regarder. Alors qu’elle était là, debout devant sa meule, Galvin l’avait regardé avec surprise. « Qu’y a-t-il, petite? ».

Elle avait alors repris conscience d’elle-même et s’était aperçue qu’elle pleurait. Elle avait essuyé ses larmes du revers de la main et s’était excusé : « Ce n’est rien, le soleil sans doute. Mais elle avait senti dans son cœur combien elle était bouleversée.


dimanche 26 novembre 2023

mercredi 22 novembre 2023

Le connard

Je n’avais pas vu E. depuis des années. J’étais donc fort impatient de la retrouver, car tu le sais, en amitié, quand on revoit quelqu’un même après un long moment,  c’est souvent comme si le temps n’avait pas passé.

Hélas, je la retrouvais accompagnée d’un connard qui accaparait toute son attention. 

Je vis bien qu’elle était contente de me revoir mais au lieu de me parler d’elle ou de me demander ce que je devenais, elle s’empressa de me raconter à quel pont son connard était merveilleux. J’étais si heureux de me retrouver en la présence de ma chère amie que je fis mine de trouver le connard intéressant également.

Le pire était que le type ne faisait lui même rien pour la contrôler ou prendre la vedette. Plutôt discret, il posa même des questions sur notre amitié et je dois dire qu’il  me posa plus de questions sur ma vie que mon amie ne le fit.

Mais voilà, un type qui accaparait toute l’attention de la plus merveilleuse des filles méritait bien le nom de connard. 

Quand elle me dit qu’elle lâchait son doctorat parce qu’elle et son connard avaient décidé ouvrir un restaurant, je trouvai tout bonnement une excuse pour sacrer mon  camp.

mardi 21 novembre 2023

Demande

 Donne-moi ta bouche

           Donne-moi tes mains

                   Donne-moi tes doigts

  

Donne-moi ton cœur 


Départ

Tu comprendras 

la tristesse infinie 

de mes yeux qui pleurent 

la maison qu’ils quittent.

jeudi 16 novembre 2023

Rêve 2023-11-17

Y avait des mots qui s'écrivaient à l'envers où dans le désordre et Kristell voulait les déchiffrer, et moi je disais non, on arrête ça, car c'était les mots du diable.

mercredi 15 novembre 2023

Le premier matin

Le premier matin, le tout premier matin

que j'ai passé avec toi

il m'a semblé

que l'aube était plus claire

le soleil plus impatient de se lever.

vendredi 10 novembre 2023

Rêve 10-11-2023

Y avait une fille genre l’amie sexologue de Carl ou la chanteuse de Oui Merci et elle faisait des vocalises pour les plantes genre les petites plantes que Murielle m’a données, mini pousse de plantes grasses. Et les plantes bougeaient en poussant et on chantait avec.
Normal car on a fait des vocalises avec Ada hier avant de se coucher.

jeudi 9 novembre 2023

Arbres 9 novembre 2023, Alma

Tilleuls - cime harmonieuse comme un feu qui monte vers le ciel

Érable - c’est plus anarchique mais beau bourgeons, comme des grappes de cerisiers en fleurs

Bouleaux décharnés 

Saule pleureur encore bien fourni

Conifères imperturbables 

Sortie des classes

J’attends ma fille dans l’auto. Des jeunes parents (je pourrais être leur mère) attendent leurs bambins. Derrière moi, deux femmes discutent dans une auto arrêtée. Seule la passagère parle, mais l’autre l’écoute d’une oreille attentive, en mode pleine écoute. L’autre parle avec les mains pour appuyer ses propos qu’elle semble énoncer très clairement.

Dans cette auto dont je ne distingue pas la marque, étant moi-même au volant de mon auto arrêtée, il y a un collier d’enfant accroché au rétroviseur, tel un talisman.

La femme passagère est peut-être bien la mère de l’autre. Toutes deux semblent impatientes de retrouver l’enfant - 4 ou 5 ans - qui sort de l’école.

Cette jeune femme, je l’ai vue à la piscine cette semaine. Elle avait un beau ratio de couleur sur la jambe. Elle me sourit.

mercredi 1 novembre 2023

Cuisine

Ma coloc Charlène cuisine divinement pour son chum. Avec elle, c’est le festin de Babeth tous les soirs. Avec elle, c’est le Ritz tous les soirs.

Ma fille, jalouse de son mec, se demande pourquoi une fille sérieuse et indépendante pour Charlène s’est pris un mec. Et je pourrais lui dire : elle voulait avoir quelqu’un pour qui cuisiner. Déjà seule, elle préparait chaque soir avec beaucoup de soin et d’amour. Mais pour quelqu’un… Et tandis qu’il déguste sa délicieuse assiette, elle est déjà en train d’inventer une autre recette pour demain.

Quand elle a emménagé chez nous, je lui ai dit que sa cuisine était trop piquante et elle m’a dit que la mienne était trop fade. Nous avons alors décidé de faire plats séparés. J’aurais dû me taire.

Alors je goûte chaque plat qu’elle fait et je me dis que j’aimerais les refaire pour ceux que j’aime.

Ça sent le riz rouge, les oignons, le poulet et les épices de chez elle. Elle aime y mettre aussi des petits pois, des carottes, et parfois des œufs brouillés. J’emplis mes narines de toutes ces bonnes odeurs.

Je regarderai des tutos de cuisine béninoise.

Charlène travaille au Normandin. J’ai hâte que Normandin change son menu pour de la cuisine béninoise et que Charlène mette Alma sur la map avec ses 5 étoiles.

Charlène cuisiné comme s’il le fallait, avec le sens du devoir et l’abnégation. Charlène cuisine comme si elle avait été appelée, avec amour et passion. Avec le même soin renouvelé jour après jour, parce que pour elle, manger de la merde n’est tout simplement pas une option.